Tendances imperson nelles
. Tendances ques.
synthéti-
c. Types déterminés par les tendances supra-sociales.
500 ANALYSES BIBUOGRAPHIQUES
beaucoup, pensent beaucoup et ne peuvent passer à raction : — 6, certains mystiques, purs adeptes de la vie intérieure, plongés dans la vision béatifique (yoghis de Flnde, soufis persans, moines ; — r, les analysteSy au sens purement subjectif, ceux qui notent heure par heure tous les changements de leur vie intérieure (Maine de Biiun, Alfiéri, etc.).
3<* Les émotionnels (au sens restreint) : « à rimpressionnabililé extrême et à la subtilité intellectuelle des contemplatifs sajonw l'activité. Mais leur activité a sa marque propre; elle est intermittente et parfois spasmodique, parce qu'elle découle d'une émotion intense, non d'un fond stable d'énergie » : allemative d'énergie impétueuse et d'affaissements brusques.
« II. — Les actifs se subdivisent en deux espèces, selon que Tintelligence est médiocre ou puissante.
M 1® Les actifs médiocres^ machines solides, ayant besoin de se dépenser en ailées et venues, d'agir pour agir : sportsmen, voyageurs qui courent le monde à toute vapeur, batailleurs sans malice, etc.
« 2*» Les grands actifs, qui à un fond robuste d'énergie physique joignent une intelligence puissante, souple, raffinée, sans scnipules; c'est César Borgia, J! César, les Conquistadores du xvi<^ siècle.
« 111. — Les apathiques comportent eux aussi deux espèces, et là surtout se manifeste Tiulluence de Tintelligence.
« 1» Les apathiques purs : peu de sensibilité, peu d'activité, peu d'intelligence.
2^ Les calculateurs : intelligence pratique très développée; la spontanéité manque, la volonté est une alternative d'effort et d'inhibition : Francklin en est un bel exemple.
« C. — Quand on passe à la détermination du troisième degré, c'est-à-dire des espèces aux variétés, des caractères relativement simples aux caractères composés, au lieu d'une seule marque dominante, on en voit deux, juxtaposées et coexistantes, tantôt harmoniques, tantôt contraires. M. Ribot proteste avec juste raison contre ceux qui, traitant le sujet en purs logiciens, rejettent les formes mixtes. « Il s'agit d'observer, non de raisonner ». Or l'observation nous montre des formes mixtes. Voici les groupes proposés :
\^ Les sensitifs-actifs, chez qui une sensibilité vive, sans hyperesthésie morbide, se concilie avec un tempérament actif, énergique : a, à son plus bas degré, cette variété comprend les gens qui, sans grande portée intellectuelle, mènent la vie de plaisir; 6, plus haut, les martyrs et les héros fougueux, qui ont besoin d'agir, de se dévouer, de se sacrifier pour leur patrie ou leur foi (Sainte-Thérèse, Luther, Saint Vincent de Paul, Alexandre, Napoléon. Danton, Byron, Michel-Ange).
« 2° Les apathiques-actifs se rapprochent des calculateurs, avec « addition d'une certaine quantité de sentiments ou de passions qui leur permet d'agir, plutôt sous la forme défensive que sous h forme offensive »; tempérament moral, mais d'une moralité froide, martyrs et héros posst/s: stoïciens, fanatiques à froid, jansénistes, etc.
" 3« Los opathiques'sensitifs, synthèse contradictoire, variété moins
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normale que demi-pathologique, réductible à cette formule : atonie et instabilité. Ce sont des mertes « qu'une circonstance soudaine jette dans Faction et qui s'y dépensent aussi fiévreusement que les sensitifs; mais ce n'est que par épisodes ».
« 4^ « Si Ton admet le caractère tempéré, c'est ici qu'il trouve sa place n.MaisM. Ribot ne semble pas disposé à l'admettre, cette par* faite proportion entre le sentir, l'agir et le penser étant la suppression même de la marque individuelle, c'est-à-dire du caractère.
« O. — Reste le quatrième groupe, les substituts ou équivalents du caractère, les caractères partiels. « Leur formule est celle-ci : un amorphe, plus une disposition intellectuelle ou une tendance afTective très prépondérante. » Le caractère partiel n'agit que sur un point, mais sur ce point la réaction est énergique, constante. — Si la marque prédominante est d'ordre intellectuel, nous sommes en présence des individus dont on dit : « il a telle bosse ». Les caractères partiels à forme affective consistent dans la prédominance exclusive d'une passion (jeu, avarice, etc.), en dehors de laquelle tout est terne, toute réaction est banale. Enfin il peut y avoir des formes composites : un amorphe, plus une disposition intellectuelle et une passion. »
La classification de M. Ferez a aussi un point de départ très original, qu'il expose en ces termes ;
t< Une étude minutieuse, avec un classement rigoureux des diverses formes ou combinaisons de mouvements, représenterait un schéma exact de toutes les modifications possibles de la personnalité humaine. Je n'ai pas la prétention d'en tracer même une simple esquisse. Il me suffira de trouver, dans l'ordre des manifestations motrices, quelques modes généraux représentant un certain nombre de modes caractériels. Ainsi, négligeant toutes les autres qualités ou formes générales des mouvements, je me suis arrêté h ces trois : la vitesse, la lenteur, l'énergie intense ou l'ardeur, qui, en y ajoutant leurs combinaisons deux à deux, m'ont paru offrir les éléments d'une classification très simple et très facile à vérifier.
« La rapidité des mouvements nous semble entraîner un premier type de caractères, celui des vifs; la qualité contraire, celui des lents; l'énergie très accusée, celui des ardents ; la môme énergie, combinée avec la vivacité, mais celle-ci prédominant, nous ofTre le type intermédiaire des vifs-ardents; combinée avec la lenteur, celui des lents-ardenfs. Nous distinguons, en outre, la classe des pondérés ou des équilibrés, tempéraments de juste milieu ou d'heureuse harmonie, où ni la vivacité, ni l'ardeur, ni la lenteur n'ont une suprématie évidente. » (P. 23-24.)
Tels sont les grands types de caractères que distingue M. Bernard Pérez. Voici, d'après Malapert toujours, comment il décrit chacun d'eux.
« 1® Les vifs, — La vivacité, c'est la rapidité dans les mouvements ; elle peut être unie à la force ou à la faiblesse, mais « plus ou
moins abondantes, plus ou moins vile ("'puisées, les décharges nerveuses qu'elle accuse ne sont jamais ni aussi puissantes ni aussi capables de se prolonger en un laps de temps donné, que les décharges par lesquelles se manifeste lYnei^ie intense ou l'ardeur ». — La vivacité entraîne la mobilité des sentiments, sinon leur inconstance, du moins leur difTusion. Chez les vifs à complexion faible, il y a une grande mobilité d*humeur, passage subit du rire aux larmes, etc. Chez les vifs plus robustes Thumeur se maintient plus uniformément au ton de la gaîté. — Ils sont explosifs pour la joie et la douleur, et aussi pour la colère... ; l'effet des colères est passager. Les sentiments affectueux sont peu stables : Je vif est volage, prompt à éprouver de la sympathie, mais celle-ci dure rarement; il est malicieux plutôt que méchant; va rarement jusqu'à la tierté, s'arrête à la vanité.
i< La puissance du travail intellectuel n'en égale jamais la rapidité. Le pouvoir d'attention est faible ; de la netteté dans Tesprit, de la précision, de l'imagination, de la décision à juger le détail, le concret; mais inaptitude à sui>Te les longues chaînes de raisonnements, à saisir les idées générales : plus artistes que savants.
« Les vifs peuvent être sérieux, prudents, prévoyants, ordonnés, mais jamais d'une façon soutenue; de l'étourderic, de l'instabiliti^ dans les résolutions; ce qui domine, ce sont les brouillons, les insouciants, les dissipés; facilement menteurs, ils ne sont jamais absolument francs.
u Chez eux apparaît une grande impatience d'agir, avec une ténacité faible, de nombreuses défaillances de la volonté, de l'impuissance à bien vuuloir une chose, une grande facilité à vouloir plusieurs choses à la fois, de lupah/boulie,
<i Les vifin-ardents. — Tantôt c'est l'ardeur, tantôt c'est la vivacité qui domine. — La mobilité des impressions et des émotions est jointe à une tendance à persister : il y a une sorte de rumination des idées, des sentiments, des volitions. Dans des conditions normales et heureuses, c'est le tempérament du plaisir; s'il y a altération morbide ou contrariétés, les chagrins sont fréquents et vite ouMirs, traversés tracées de gaîté, d'explosions de colère ou de désespoir. Portés à la bienveillance, aux liaisons faciles mais pou Constantes, ils sont incapables de reconnaissance ou de rancune éternelles, ne se montrent ni haineux ni vindicatifs.
■' La niémoirtî est facile, prompte, en général peu précise, plus émotionnelle encore que chez les vifs. Peu de goût pour les abstractions, de la curiosité, de la sagacité dans l'observation; attention sujette à des obsessions et à des retours. Prompts à l'imitation, ils ont des engouements, des revirements brusques d'opinions, sont crédules, avec des alternatives de confiance et de défiance; de la sincérité ei de l'insouciance. La volonté est priniesaulière, imjirovisatrice, la légèreté peut s'allier à une certaine ténacité; |)ar insouciance et amour du repos ils cèdent pour n'avoir pas à résister, s'abandonnent et se ressaisissent; la décision, Tinconstancc et la persistance se combinent là d'une façon tout originale.
« Les ardents. — L'ardeur est Taplitude à produire des mouvements énergiques et impétueux qui correspondent k une sensibilité plus ou moins forte et à une intelligence plus ou moins puissante. C'est le tempérament des fortes émotions. L'humeur peut être gaie, mais impétueuse et violente, ou triste, mais renforcée damertume. Irascibilité, soit d'explosion, soit de lutte ouverte, soit de rancune sourde et vindicative. Égoïstes, combatifs, impérieux, grondeurs et menaçants, même dans leurs tendresses, — ils n'oublient pas le mal qu'on leur a fait ni le bien qu'ils ont fait, leur amour-propre est très vif, leur susceptibilité ombrageuse, et ils ont souvent un immense mépris des hommes.
«< La mémoire est nette, précise, tenace, étendue, mais exclusive de beaucoup d*objets et partiale. Il en va de même de l'attention qui s'adapte fortement à certaines choses et se ferme à d'autres. La curiosité se conQne dans la sphère des inclinations personnelles : d'où un certain rétrécissement d'esprit. Les enthousiasmes sont rares, les préventions outrées.
« L'énergie volontaire est grande, mais impulsive ; ils mettent au service de leur volonté des motifs clairement perçus, des passions intenses et persistantes.
« Les lenis. — La lenteur est compatible avec la force et la faiblesse. Elle comporte une sensibilité quelquefois délicate, mais en général peu profonde, peu étendue, souvent obtuse. Chez les robustes, l'humeur est égale ou du moins l'équilibre est prompt à se rétablir; ils sont nonchalants, indifférents, satisfaits d'euxmêmes. Chez les faibles, la sensualité est plus douillette avec un peu de mélancolie, ils sont sensibles aux petits froissements. Souvent enclins à la brutalité, leur colère n'apparaît que sous forme de poussées brusques; d'ordinaire ils ont du sang-froid, fait surtout de nonchalance. Inconsciemment égoïstes, parce qu'ils sont lents à sortir d'eux-mêmes, ils n'ont que des amitiés banales, quelquefois durables; leur bienveillance est molle, leur bonté peu active ;* leurs rancunes peuvent être vivaces. Ils font preuve parfois de susceptibilité Aévreuse, de vanité mesquine ou de suffisance tranquille.
« Leur mémoire est médiocre, de ténacité et de précision faibles; attention peu vive; étourderie et lambinerie. Esprits routiniers, temporisateurs mais pratiques, la nouveauté les séduit peu, ils s'arrêtent à la surface des choses, ne sont pas susceptibles de s'enflammer pour une idée, restent simplistes et manquent d'ampleur dans la pensée.
" La volition n'est d'ordinaire que l'efTet de l'habitude ou d'impulsions instinctives, ils ajournent la décision ou l'improvisent; leur constance n'est souvent que persistance de l'impulsion subie, leur force d'arrêt, qu'apathie ou indifférence. Entêtés avec douceur ou violence, leur volonté a toujours quelque chose d'irrésolu, d'inconstant, d'hésitant et d'incertain.
« Les lents-ardents, — Chez les personnes de ce genre, le calme extérieur recouvre une sensibilité profonde, aux obsessions pas-
bO^ ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sioiinées, féconde en rêveries sentimentales. Leur force ne se manifeste tout entière qu'exceptionnellement, leurs colères sont rares sans cesser d'ôtte impétueuses; leur imagination exagère facilement leurs souffrances, et le rôle de martyr leur va. Dominés par la passion, ils la subissent longuement. C'est le tempérament des extr<^mes : après le calme plîit, la tempête déchaînée : l'ardeur les entraîne, la lenteur les retient.
u Leur intelligence est fortement émotionnelle; ils sentent plus qu'ils ne raisonnent; leur curiosité est affective, esthétique ou morale; ils devinent plus qu'ils ne comprennent.
« Ils sont doués d'une force considérable d'impulsivité émotionnelle, avec un égal pouvoir d'arrêt; le sang-froid s'unit à la véhémence passionnelle. De volonté énergique et persévérante mais qui nt? se soutient que par l'influence du sentiment, ils obéissent moins ;i leur tète qu'à leur cœur et sont également capables d'entêtements opiuiiltres et de résolutions vaillantes.
« Les èquilibril^, — Ici nous rencontrons la vivacité et l'ardeur tempérées par une modération naturelle. Dans ces tempéraments de juste milieu, la sensibilité, délicate ou forte, très développée en surface, embrasse beaucoup d'objets, n'est étrangère à rien. Leur humeur est égale et les préserve des douleurs étroites et persistantes; leurs colères sont rares, courtes, parfois éclatantes, mais purifiées par la raison et la justice. Leurs sympathies et antipathies sont promptes, mais toujours fondées sur l'estime, parlant susceptibles de durer. Disposés à la bienveillance, à la pitié, ils ont It' sentiment de leur dignité et contiennent leur amour-propre dans une ju^t»* nn^sure.
«( Mémoire facile, tenace, prompte, précise, riche en adaptations spéciales; curiosité et attention persévérantes; esprit mamiuant parfois de profondeur, non d'étendue, de souplesse, de clarté, île l>on(lération, de simplicité : voilà qui caractérise leur intelligence. '( De la prudence et du tact, du sérieux moral, une franchise robus((; et délicate; une volonté bien caractérisée dans ses formes, dan-^ ses tins, dans ses motifs, éclairée et persévérante; du calme t't lie la patience avec une imperturbable tranquillité : voilà qui aclu've (le l(?s dépeindre. »
La principale critique (lue Malapert adresse à cette classification, c'est que le point de départ en est artificiel; le mouvement n'est (lu'un sii^iif de l'état psychique, et il peut être un signe trompeur : ainsi, l.i vivacité dans les mouvements i^eut bien témoigner de la mobilité des sentiments et d'un défaut de réflexion; mais elle peut encore élre l'elTet d'une rapidité supérieure dans le jugement, et crime promi)titude plus exacte et plus nette dans la volition.
(.e ne sont pas les seules classifications qui ont été données; mais cflles ci-dessus sont les plus originales; les autres se conforment à la division Iripartitc? des facultés en sensibilité, intelligence et volonté.
Les suivantes sont à citer :
PSYCHOLOGIE INDIVIDUELLE ET CARACtÈRES
La classification de M. Fouillée