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LIVI. — Sagerio di geografia del militarisme in Italia

(Étmle sur la géographie du militarisme en Italie). Riforma I sociale, 1897. — Dello Sviluppo del corpo {Sur le dévelop-

L ^ pement du corps). Roma, Voghera, 1897.

Dans la première de ces brochures (Essai sur la géographie I du militarisme en Italie) M. Livi arrive aux conclu3ions sui-

vantes :

P La carrière militaire est beaucoup plus recherchée dans les villes que dans les campagnes et beaucoup plus dans les grands centres urbains que dans les petits;

2** Les habitants du midi de Tltalie manifestent pour la carrière militaire moins de goût que ceux du nord;

3° Dans le nord même, le goût pour la carrière militaire est plus accentué dans le Piémont, l'Emilie et la Ligurie; il Test moins dans la Lombardie et la Vénétie.

f En rapprochant de ces conclusions les faits déjà connus par

1^ les publications antérieures de M. Livi sur la répartition des

I tailles et de l'indice céphalique, on conclura aisément que,

pour l'aptitude militaire aussi bien que pour l'aptitude économique, le premier rang semble appartenir à H. Europœus ; le second, à H. Alpinus; le troisième aux éléments méditerra- I néens, tels que ceux qui dominent dans l'Italie méridionale*.

Dansla seconde brochure (Sur le déceloppement du corpSy etc.), M. Livi étudie la taille et le périmètre thoracique par rapport à la profession et à la condition sociale. Il a pris pour base de

(1) Voir 0. Ammon. Histoire d'une idée, dans Hevue internationale de Sociologicy mars 1898. — Lapougc. Corrélations financières de l'indice céphalique, p. '268 et suivantes, dans la Uevue d'économie politique, mars 1897. — Closson. La hiérarchie des races européennes [Revue internationale de Sociolof/ie;j juin J898.

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ANALYSES. — l'aNTHROPOSOCIOLUGIE 571

cette étude statistique les conscrits nés de 1859 à 1863. Il constate que, dans le môme temps,- certaines conditions sociales sont favorables au développement de la taille et défavorables au développement du périmètre thoracique, ou inversement. Les étudiants et les gens de professions sédentaires ont avec une taille élevée un périmètre thoracique inférieur; les maçons et les paysans qui travaillent au grand air ont plus de périmètre thoracique que les menuisiers et les forgerons qui travaillent dans des ateliers clos. Il peut sembler particulièrement regrettable que les classes cultivées, favorisées quant à la taille, soient inférieures au point de vue du périmètre thoracique, et cela par des causes non pas naturelles, mais tout artificielles. Une conclusion pratique, c'est qu'il convient de développer dans les classes sociales élevées le goût des exercices physiques, de la vie au grand air, afin de les amener à un développement thoracique suffisant. M. Livi pense d'ailleurs que, si l'on étudiait les conscrits nés depuis 1863, on trouverait déjà une amélioration, grâce à Textension accordée depuis quelques années à l'éducation physique dans les écoles.

SERGI. — I dati antropologici in sociologia (Les données anthropologiques en sociologie), Rivista italiana di sociologia, janvier 1898. — Arii e Italici. Turin, Bocca, 1898, 1 vol., iv-:2:28 pages.

Dans rarticle de la Uivista L rf. S., M. Sergi insiste sur l'importance de l'anthropologie au point de vue de l'étude et de l'interprétation des faits sociaux; dans son volume Arii e Italici, il établit que Tanthropologie est l'auxiliaire indispensable de la philologie, de l'archéologie et des traditions légendaires pour la reconstitution des événements préhistoriques, et expose une théorie personnelle sur les origines «t la formation des populations italiques.

D'après M. Sergi, il importe tout d'abord de rejeter en sociologie la notion ethnique trop vague, proposée par M. Gumplowicz, de hordes humaines primitives, innombrables et hétérogènes, et de remplacer cette notion vague par des données anthropologiques précises. Tandis que, par exemple, pour M. Gumplowicz, les peuples italiques dits Latins, Éques, Volsques, etc., sont des groupes ou des descendants de groupes hétérogènes, pour l'anthropologiste au contraire, tous ces petits peuples appartiennent par leurs caractères phy-

57i LAXXKK BOCIOLOGIQl'E. 1898

siques à une seule et mêuie race, répandue alors sur tout le bassin de la Méditerranée ; par conséquent, les luttes qu'il» soutinrent les uns contre les autres n'étaient pas des luttesde races, fondées sur la diversité de leurs origioies, mais simplement des luttes entre éléments analogues et semblables, luttes livrées selon les lois fatales de la concurrence vitale. M. Gumplowicz édifie sa sociologie sur riiypotbèse d'ua polygénisme qui ne s'appuie lui-même sur rien. Or Thypothèse polygéniste doit s'appuyer sur des faits et des principes de luéme ordre que ceux qui sont adoptés pour la classiticatioa zoologique.

M. Sergi expose ensuite sa méthode d'analyse ethnique, fondée sur les différences des formes crâniennes plutôt que sur les différences de l'indice céphalique, et propose une classification nouvelle des espèces humaines actuellement représentées en Europe. D'après lui, ces espèces seraient au nombre de deux : ÏEurafricaine et VEurasiatique. L'Ëurafricaine se diviserait elle-même en trois races : VAfricaine proprement dite; la Méditerranéenne (les dolichocéphales bruns de divers auleursj et la race du nord, cette dernière correspondant à VH. Européens de Linné ou aux dolichocéphales blonds de MM. Ammon et de Lapouge. Quant à Tespèce Eurasiatique, elle correspondrait à VH. Alpinus de Linné, ou aux brachycéphales bruns.

Il est douteux que la classification proposée par M. Sergi l'emporte sur la classification linnéeune « dont les dénominations, vieilles d'un siècleet demi, ont la priorité sur les formules nouvelles, en vertu des conventions sur la nomenclature* ». Mais si M. Sergi s'écarte à ce point de vue de M. de Lapouge, il est d'accord avec lui quand il soutient qu'un sociologue doit connaître les données anthropologiques exactes des groupes humains qu'il étudie, et savoir quels sont dans ces groupes les éléments ethniques prédominants.

Mais si l'anthropologie est indispensable au sociologue, elle ne l'est pas moins à celui qui recherche l'origine des populations et des civilisations préhistoriques. C'est ce que M. Sergi a voulu démontrer dans le volume -4m e Italici, étude sur l'Italie préhistorique.

L'auteur démontre d'abord que l'archéologie et la philologie sont insuflisantes pour résoudre les problèmes qui se posent

(l) Lapouge. SélecHons socinies, p. 11.

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ANALYSES. — l'aXTHROPOSOCIOLOCIE S73

à propos des populations et des races primitives; Tanthropologie seule ue suffirait pas non plus; mais l'union de ces trois sciences doit aboutir à des résultats féconds. Les archéologues, par exemple, sont dans le plus complet désaccord sur les populations qui habitaient les Terramare et les Palafitte des vallées du Pô et de la Suisse. Les philologues ont autrefois établi d'après les données de la linguistique une classification et une filiation des races humaines qui aujourd'hui sont jugées avec raison inadmissibles. Mais en ajoutant aux faits établis par l'archéologie et la linguistique les données recueillies sur les pièces osseuses provenant de diverses sépultures, M. Sergi arrive à cette conclusion que lltalie, comme l'Europe tout entière, fut habitée dans les temps préhistoriques par une race dolichocéphale brune, dite méditerranéenne, subdivision de l'espèce eurafricaine et à laquelle appartiennent les peuples qu'il qualifie d'Italiques {ftalici). Ces populations dolichocéphales auraient été, bien antérieurement aux invasions celtiques de l'histoire, refoulées du nord de l'Italie vers le sud par une vaste immigration d'Aryens {Arii), population brachycéphale, originaire d'Asie, appelée par Sergi espèce eurasiaUqne. Ces Aryens brachycéphales ' se seraient établis non seulement dans le nord de l'Italie, mais dans toute l'Europe centrale, en refoulant vers le nord, en Scandinavie, en Angleterre, en Danemark, l'autre portion des dolichocéphales primitifs : Sergi identifie en effet les dolichocéphales blonds du nord et les dolichocéphales bruns du midi. Pour le cas particulier de l'Italie, il appelle Protoceltes et Protoslaves les envahisseurs des temps préhistoriques, pour les distinguer des Celles et des Slaves de l'histoire. Ils introduisirent en Italie l'usage de la crémation, la conservation des cendres humaines dans des urnes de terre cuite et l'usage du bronze; quant aux populations italiques, elles pratiquaient l'inhumation des morts et ne se servaient que d'instruments de pierre.

Les conclusions très hardies de M. Sergi sur l'extension de la race méditerranéenne en Europe aux temps préhistoriques ne sont guère d'accord avec les théories généra lement admises. Pour lui, les Aryens sont brachycéphales, tandis qu'en France, en Allemagne, en Amérique, on réserve généralement le nom d'Aryens aux dolichocéphales blonds. On éviterait ces définitions contradictoires d'un même terme en s'en tenant à la nomenclature linnéenne préconisée par M. de Lapouge. Eu outre, il est difficile, jusqu'à plus ample démonstration, d'ad-

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574 l'année SOCrOLOGIQUE. 1898

mettre avec M. Sergî Tidentité d'origine des dolichocéphales blonds du nord et des dolichocéphales bruns du midi de l'Europe. Mais l'auteur reconnaît lui-même les objections auxquelles il s'expose et paraît avoir voulu surtout provoquer de nouvelles recherches et poser des questions auxquelles il espère qu'un avenir prochain apportera une solution satisfaisante*. .

W. RIPLEY. — The racial geography of Europe^ a sociological study, dans Popular Science Monthlf/. Appleton, New-York, depuis février 1897.

M. W. Riph^y, professeur à rinstitut de technologie de Boston (Massachusetts), après avoir consciencieusement recueilli tous les documents connus sur ranthropoloîîie des populations européennes, nous présente dans cet ouvrage une sorte de synthèse des résultats acquis, et dresse une carte d'ensemble de la répartition géographique des races en Europe. Il indique partout les sources d'après^ lesquelles il travaille, ce qui permet le contrôle.

L'auteur indi((ue nettement sur ses cartes la différence entre les dolichocéphales de race méditerranéenne, bruns et de petite taille, et les dolichocéphales du nord de l'Europe, blonds et de haute taille, ayant leur aire d'expansion en Scandinavie et en Angleterre. Les brachycéphales se localisent entre les deux, et leur habitat affecte la forme d'un coin qui partirait de l'Europe orientale, passerait pardessus les Alpes et dont la pointe serait vers les Pyrénées. I/Allemagne est pour ainsi dire à cheval sur la ligne de parliige des races; le sud est plus brachycéphale ; le nord, plus dolichocéphale, l-ne carte de Ripley, planisphère, à petite échelle, montre comment les brachicéphales européens se rattachent aux brachycéphales asiatiques. Les brachycéphales s'étendent en une nappe de plus en plus large à mesure qu'on avance vers l'Orient. L'indice s'élève encore en Asie, pour atteindre son maximum dans l'Asie centrale. Puis, il s'abaisse de nouveau à mesure que l'on avance vers les côtes de l'Océan Pacifique. L'Inde et l'Arabie sont en Asie les seules régions dolichocéphales.

Ajoutons que le texte de Ripley est enrichi d'un grand nombre de phototypies reproduisant les principaux types humains dans tous les pays d'Europe.

(M.OSSON. — The hierarchy of European races (La hiérarchie

(I) Voir aussi de Sergi, sur la même question, rarticle intitulé Ueber den sogenannten Reiheuffraeberlypus (Sur le type des Reihengraeber) dans Cenlvalblatt fUr Anthropologie (Breslau, Kern's Verlag), 1898, I.

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ANALYSES. — L ANTHROPOSUCIOLOGIE

des races européennes)^ iii American Journ. of Sociology, III, 3, nov. 1897 (Chicago)*.

L'auteur étudie dans cet articlfiv la capacité économique des trois principales races européennes, en prenant pour base la somme d'impôts payés par chaque groupe de population. Il coordonne et mot en œuvre des données déjà fournies par MM. de Lapouge et 0. Ammon, et conclut en assignant le premier rang dans les différentes manifestations de la vie sociale, TH. Europœus, le second à ni. Alpinus et le tnusième aux diverses races méditerranéennes. Il serait intéressant de comparer à ses conclusions celles que fournissent des statistiques d'un autre ordre, par exemple la statistique de la criminalité citée par Bosco' et la statistique de la vie moyenne dans les différents pays. Il résulte des chiffres cités par Bosco que la fréquence de l'homicide dans une population est enraison inverse de la proportion de sang aryen qu'elle contient; ce sont les nations les plus riches en éléments dolichocéphales blonds qui fournissent le moindre contingent d'assassins, et les groupes européens émigrés en Amérique, emportent avec eux l'aptitude criminelle spéciale à leur pays d'origine ', mais naturellement assez aggravée par la mis(To et les difficultés de la vie.

I/Institut international de Statistique a dressé en 1898 une statistique indiquant la vie probable et la vie moyenne dans les différents pays. Voici quelques chiffres d'après la mortalité* constatée en 1881 à 1891 :

Suède et Norvège vie moyenne. .

. . 50 ans 3

Angleterre et <ialles — —

France — —

Italie — —

Autriche — —

Espagne — —

La comparaison de ce> différentes statistiques confirme donc, en les étendant, les vues de A. G. C. Closson.

(1) Traduit dans Revue internationale de Sociologie, juin 1898.

(2^ Bosco. Vomicidio negli Stati Vnili d^America (extrait du Bulletin international de Statitftique, X, 1. Tirage à part chez Bertero, Boaia, 1897). — Analys<J dans V Année socioloyifjue^ 1896-1807, p. 30j.

(3) Proportioa moyenne des homicides parmi les iunnigrés aux Etatsl'nis (d'après Bosco).

Suédois, Norv<^gicn9 cl Dauois (sur

100 000 sujets; 5

Cniiadicn» ^

Alleinaïkls ^

Anglais et EcosMis 10

Autrichiens \i

Irlaiidaiï* 17

Fronçai» ■ . . i'

Italiens. <- 58

Mexicain^ 116

576 l'AXXÉE sociologique. 1898

Les théories anthroposociologiqups exposées dans les articles que nous venons de citer ont été en outre discutées et criti(|uées à différents points de vue, notamment dans les ouvrages et articles suivants :

A. FOUILLÉE. — 'L'anthroposociologie, dans Revue inteimationnle de Sociologie, mai 1898. — Le peuple grec, dans Revue des Deux- }f ondes, l^^^mai 1898. — Psychologie du peuple français, 1 vol, Paris, Alcan, 1898.

L. WIMARSKY. — L'anthroposociologie, dans le Devenir social^ mars 1898.

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TABLE DKS MATIÈRES

Prkface I

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