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A CEUX QUI REPARLENT DE FRATERNITÉ

Quand nous serons vainqueurs, nous verrons. Montrons-leur,

Jusque-là, le dédain qui sied à la douleur.

L'œil àprement baissé convient à la défaite.

Libre, on était apôtre, esclave, on est prophète;

Nous sommes garrottés! Plus de nations sœurs î

Et je prédis l'abîme à nos envahisseurs.

C'est la fierté de ceux qu'on a mis à la chaîne

De n'avoir désormais d'autre abri que la haine.

Aimer les Allemands? Cela viendra, le jour

Où par droit de victoire on aura droit d'amour.

La déclaration de paix n'est jamais franche

De ceux qui, terrassés, n'ont pas pris leur revanche;

Attendons notre tour de barrer le chemin.

Mettons-les sous nos pieds, puis tendons-leur la main,

Je ne puis que saigner tant que la France pleure.

Ne me parlez donc pas de concorde à cette heure ;

Une fraternité bégayée à demi

Et trop tôt, fait hausser l'épaule à l'ennemi ;

Et l'offre de donner aux rancunes relâche

Qui demain sera digne, aujourd'hui serait lâche,

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