‹ L'Année terribleChapitre 65 sur 73 · LES INSULTEURS · texte numérisé non relu

LES INSULTEURS

Pourvu que son branchage, au-dessus du marais, Verdisse, et soit le dôme énorme des forêts, Qu'importe au chêne l'eau hideuse où ses pieds trempent Les insectes affreux de la poussière rampent Sous le bloc immobile aux broussailles mêlé; Mais au géant de marbre, auguste et mutilé, Au sphinx de granit, rose et sinistre, qu'importe Ce que de lui, sous lui, peut penser le cloporte! Dans la nuit où frémit le palmier convulsif, Le colosse, les mains sur ses genoux, pensif, Calme, attend le moment de parler à l'aurore; Si la limace bave à sa base, il l'ignore;

Ce dieu n'a jamais su qu'un crapaud remuait; Pendant qu'un ver sur lui glisse, il garde, muet, Son mystère effrayant de sonorité sombre ; Et le fourmillement des millepieds sans nombre N'ôte pas à Memnon, subitement vermeil, La formidable voix qui répond au soleil.

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