‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 129 sur 369 · Jos., Ant., XV, xî, 4; XVIII, iv, 2. Comp. XX, i · texte numérisé non relu

Jos., Ant., XV, xî, 4; XVIII, iv, 2. Comp. XX, i

2. Tout le procès de Jésus le prouve. Comparez Act., xxiv, 27; XXV, 9.

[An 37] LES APOTRES. 143

Agrippa, de Soheym, de Cotys, de Polémon II, et qu'il laissa s'agrandir celle de Hâreth ^. Quand Pilate arriva à Rome, il trouva le nouveau règne déjà commencé. Il est probable que Caligula lui donna tort, puisqu'il confia le gouvernement de Jérusalem à un nouveau fonctionnaire, MaruUus, lequel paraît n'avoir pas excité de la part des Juifs les violentes récriminations qui accablèrent d'embarras le pauvre Pilate et l'abreuvèrent d'ennuis 2.

Ce qu'il importe, en tout cas, de remarquer, c'est qu'à l'époque où nous sommes , les persécuteurs du christianisme ne sont pas les Romains; ce sont les Juifs orthodoxes. Les Romains conservaient, au milieu de ce fanatisme, un principe de tolérance et de raison. Si on peut reprocher quelque chose à l'autorité impériale, c'est d'avoir été trop faible et de ne pas avofr tout d'abord coupé court aux conséquences •civiles d'une loi sanguinaire, ordonnant la peine de mort pour des délits religieux. Mais la domination romaine n'était pas encore un pouvoir complet comme elle le fut plus tard ; c'était une sorte de protectorat

4. Suétoiie, CaiuSj 16; Dion Cassius, LIX, 8, 12; Josèphe, Ant.j XVIII, V, 3; vi, 10; Il Cor., xi, 32.

2. Ventidius Gumanus éprouva des aventures toutes semblables. Il est vrai que Josèphe exagère les disgrâces de tous ceux qui ont été opposés à sa nation.

144 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [Au 37]

OU de suzeraineté. On poussa la condescendance jusqu'à ne pas mettre la tête de l'empereur sur les monnaies frappées sous les procurateurs, afin de ne pas choquer les idées juives *. Rome ne cherchait pas encore, en Orient du moins, à imposer aux peuples vaincus ses lois, ses dieux, ses mœurs; elle les laissait dans leurs pratiques locales, en dehors du droit romain. Leur -demi-indépendance était comme un signe de plus de leur infériorité. Le pouvoir impérial en Orient, k cette époque, ressemblait assez à l'autorité turque, et l'état des populations indigènes à celui des ratas. L'idée de droits égaux et de garanties égales j)our tous n'existait pas. Chaque groupe provincial avait sa juridiction, comme aujourd'hui les diverses Églises chrétiennes et les juifs dans l'empire ottoman. Il y a peu d'années, en Turquie, les patriarches des diverses communautés de raïas^ pour peu qu'ils s'entendissent avec la Porte, étaient souverains à regard de leurs subordonnés, et pouvaient prononcer contre eux les peines les plus cruelles.

L'année de la mort d'Etienne pouvant flotter entre les années 36, 37, 38, on ne sait si Raïâpha doit en porter la responsabihté. Raïapha fut déposé par

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