Ibid.j VIII, 9 et suiv
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sorte de contrefaçon samaritaine de l'œuvre de Jésus. Simon avait-il déjà commencé à dogmatiser et à faire des prodiges quand Philippe arriva à Sébaste? Entrat-ii dès lors en rapport avec l'Église chrétienne? L'anecdote qui a fait de lui le père de toute « simonie » a-t-elle quelque réalité? Faut-il admettre que le monde vit un jour en face l'un de l'autre deux thaumaturges, dont l'un était un charlatan, et dont l'autre était la « pierre » qui a servi de base à la foi de l'humanité ? Un sorcier a-t-il pu balancer les destinées du christianisme? Voilà ce que nous ignorons, faute de documents; car le récit des i Actes est ici de faible autorité, et, dès le premier siècle, Simon devint pour TÉglise chrétienne un sujet de légendes. Dans l'histoire, l'idée générale seule est 1/ pure. Il serait injuste de s'arrêter à ce qu'a de choquant cette triste page des origines chrétiennes. Pour les auditoires grossiers, le miracle prouve la doctrine; pour nous, la doctrine fait oublier le miracle. Quand une croyance a consolé et amélioré l'humanité, elle est excusable d'avoir employé des preuves proportionnées à la faiblesse du public auquel elle s'adressait. Mais, quand on a prouvé l'erreur par l'erreur, quelle excuse alléguer? Ce n'est pas une condamnation que nous entendons prononcer contre Simon de Gitton. Nous aurons à nous expliquer plus
iSC ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 38]
tard sur sa doctrine et sur son rôle, qui ne se dévoila que sous le règne de Claude *. Il importait seulement de remarquer ici qu'un principe important semble s'être introduit à son propos dans la théurgie chrétienne. Obligée d'admettre que des imposteurs faisaient aussi des miracles, la théologie orthodoxe attribua ces miracles au (iémon. Pour conserver aux prodiges quelque valeur démonstrative, on fut obligé d'imaginer des règles pour discerner les vrais et les faux miracles. On descendit pour cela jusqu'à un ordre d'idées fort puéril 2.
Pierre et Jean , après avoir conQrmé l'Église de Sébaste , repartirent pour Jérusalem , qu'ils regagnèrent en évangélisant les villages du pays des Samaritains^. Le diacre Philippe continua ses courses évaijgéliques en se rabattant vers le sud, sur l'ancien pays des Philistins^. Ce pays, depuis J'avénement des Macchabées, avait été fort entamé par les Juifs ^; il s'en fallait cependant que le judaïsme y dominât. Dans ce voyage, Philippe opéra une conversion qui
i . Justin, ApoL /, 26, 56.
2. Homil. pseudo-clem., xvii, 15, 17; Quadratus, dans Eusèbe, H. E., IV, 3.