‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 164 sur 369 · Voir ci-dessus, p. 171, et II Cor., xii, 1 et suiv · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p. 171, et II Cor., xii, 1 et suiv

180 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 38J

pression d'une nuit profonde, traversée d'éclairs, où l'on a vu des images se dessiner sur un fond noir *. Ce qu'il y a de sur, c'est qu'un coup terrible enleva en un instant à Paul ce qui lui restait de conscience distincte, et le renversa par terre privé de sentiment.

Il est impossible, avec les récits que nous avons de cet événement singulier 2, de dire sî quelque fait extérieur amena la crise qui valut au christianisme son plus ardent apôtre. Dans de pareils cas, au reste, le fait extérieur est peu de chose. C'est l'état d'âme de saint Paul , ce sont ses remords, à l'approche de la ville 011 il va mettre le comble à ses méfaits, qui furent les vraies causes de sa conversion ^. Je préfère beaucoup pour ma part l'hypothèse d'un fait personnel à Paul et senti de lui

\ . J'ai éprouvé un accès de ce genre à Byblos ; avec d'autres principes, j'aurais certainement pris les hallucinations que j*eus alors pour des visions.

2. Nous possédons trois récits de cet épisode capital : Ad,, ix, 4 et suiv.; XXII, 5 et suiv.; xxvi, 4 2 et suiv.Les différences qu'on remarque entre ces passages prouvent que l'Apôtre lui-môme variait dans les récits qu'il faisait de sa conversion. Le récit Actes, IX, lui -môme, n'est pas homogène, comme nous le montrerons bientôt. Comparez Gai., i, 15-17; I Cor., ix, 1; xv, 8; Act.j ix,27.

3. Chez les Mormons et dans les « réveils » américains, presque toutes les conversions sont aussi amenées par une grande tension de l'àme, produisant des hallucinations.

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seul *. Il n'est pas invraisemblable cependant qu'un orage 2 ait éclaté tout à coup. Les flancs de THermon sont le point de formation de tonnerres dont rien n'égale la violence. Les âmes les plus froides ne traversent pas sans émotion ces effroyables pluies de feu. Il faut se rappeler que , pour toute l'antiquité , les accidents de ce genre étaient des révélations divines, qu'avec les idées qu'on se faisait alors de la Providence, rien n'était fortuit, que chaque homme avait l'habitude de rapporter à lui les phénomènes naturels qui se passaient autour de lui. Pour les Juifs, en particulier, le tonnerre était toujours la voix de Dieu; l'éclair, le feu de Dieu. Paul était sous le coup de la plus vive excitation. 11 était naturel qu'il prêtât à la voix dQ l'orage ce qu'il avait dans son propre cœur. Qu'un délire fiévreux , amené par un coup de soleil ou une ophthalmie, se soit tout à coup emparé de lui ; qu'un

1 . La circonstance que les compagnons de Paul voient et entendent comme lui peut fort bien être légendaire, d'autant plus que les récits sont, sur ce point, en contradiction expresse. Comp. Act.j IX, 7; xxii, 9; xxvi, 13. L'hypothèse d'une chute de cheval est repoussée par l'ensemble des récits. Quant à l'opinion qui rejette toute la narration des Actes j en se fondant sur 6v ftuot, de Gai., i, 16, elle est exagérée. Év gV-t, dans ce passage, a le sens de a pour moi », « à mon sujet ». Comp. Gai., i, 24. Paul eut sûrement, à un moment précis, une vision qui détermina sa conversion. *

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