Cor., XII, 1 et suiv
3. Act,, IX, il; Gai., i, 16; I Cor., ix, I; iv, 8; Homélies psendo-clémenlines, xvir, 13-19.
[An 38J LES APOTRES. 183
Tautre*. II y a pour elles, ce qui n'existe pas pour les natures froides, des moments solennels, des minutes qui décident du reste de la vie. Les hommes réfléchis ne changent pas; ils se transforment. Les hommes ardents, au contraire, changent et ne se transforment pas. Le dogmatisme est comme une robe de Nessus qu'ils ne peuvent arracher. Il leur faut un prétexte d'aimer et de haïr. Nos races occidentales seules ont su produire de ces esprits larges, délicats, forts et flexibles, qu'aucune illusion momentanée n'entraîne, qu'aucune vaine aflirmation ne séduit. L'Orient n'a jamais eu d'hommes de cette espèce. En quelques secondes, se pressèrent dans l'âme de Paul toutes ses plus profondes pensées. L'horreur de sa conduite se montra vivement à lui. Il se vit couvert du sang d'Etienne ; ce martyr lui apparut comme son père, son initiateur. Il fut touché à vif, bouleversé de fond en comble. Mais, en somme, il n'avait fait que changer de fanatisme. Sa sincérité, son besoin de foi absolue lui interdisaient les moyens termes. Il était clair qu'il déploierait un jour pour Jésus ce même zèle de feu qu'il avait mis à le persécuter.
Paul entra à Damas avec l'aide de §es compagnons,
1 . Comparez ce qui se passa pour Omar. Sirat errasoul, p. SI26 ^ et suiv.
18i OIIIGINES DU CHRISTIANISME. [An 3S]
qui le tenaient par la main *. Us le déposèrent chez un certain Juda, qui demeurait dans la rue Droite, grande rue à colonnades, longue de plus d'un mille et large de cent pieds, qui traversait la ville de l'est à l'ouest, et dont le tracé forme encore aujourd'hui, sauf quelques déviations, la principale artère de Damas 2. L'éblouissement ^ et le transport au cerveau ne diminuaient pas d'intensité. Pendant trois jours, Paul, en proie à la fièvre, ne mangea ni ne but. Ce qui se passa durant cette crise dans une tête brûlante, affolée par une violente commotion, se devine facilement. On parla devant lui des chrétiens de Damas et en particulier d'un certain Hanania, qui paraît avoir été le chef de la communauté^. Paul
i, Act.j IX, 8; XXII, M.
2. Son ancien nom arabe était Tarik el-Adhiva, On l'appelle aujourd'hui Tarik el-Mustekim, qui répond à i*ûu.Yi wôeîa. La porte orientale [Bâb Scharki) et quelques vestiges des colonnades subsistent encore. Voir les textes arabes donnés par Wiistenfeld dans la Zeilschrift fur vergleichende Erdkunde de Ludde, année 1842, p. 168; Porter, Syria and Palestine, p. 477; Wilson, The Lands of the Bible, II, 345, 351-52.