Gai., I
[An 41] LES APOTRES. 207
Pierre, cependant, s'était éveillé en lui^. Il reconnaissait son autorité et le désignait, comme tout le monde, du nom de Képha « la pierre » . Il se rendit donc à Jérusalem, faisant en sens contraire la route qu'il avait parcourue trois ans auparavant en des dispositions si différentes.
Sa position à Jérusalem fut extrêmement fausse et embarrassée. On y avait bien entendu dire que le persécuteur était devenu le plus zélé des évangélistes et le premier défenseur de la foi qu'il avait voulu détruire 2. Mais il restait contre lui de grandes préventions. Plusieurs craignaient de sa part quelque horrible machination. On l'avait vu si enragé, si cruel, si .ardent à pénétrer dans les maisons , à déchirer le secret des familles pour chercher des victimes, qu on le croyait capable de jouer une odieuse comédie pour mieux perdre ceux qu'il haïssait ^. Il demeurait, ce semble, dans la maison de Pierre^. Plusieurs des disciples restaient sourds à ses avances et se retiraient de lui ^. Un homme de cœur et de volonté, Barnabe, joua à ce moment un rôle décisif. En qua-