‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 189 sur 369 · AcL, XI · texte numérisé non relu

AcL, XI

s. Jos., B. J,, III, II, 4. Rome et Alexandrie étaient les deux premières. Comp. Strabon, XVI, ii, 5.

3. C. Olfried Mulier, Antiquit, Antiocftenœ (GœUingaEb>4839),

216 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 41]

légat impérial de Syrie. Portée tout d'abord par les Séleucides à un haut degré de splendeur, elle n'avait fait que profiter de l'occupation romaine. En général, les Séleucides avaient devancé les Romains dans le goût des décorations théâtrales appliquées aux grandes cités. Temples, aqueducs, bains, basi* liques, rien ne manquait à Antioche de ce qui faisait une grande ville syrienne de cette époque. Les rues bordées de colonnades, avec leurs carrefours décorés de statues, y avaient plus de symétrie et de régularité que partout ailleurs^. Un Corso orné de quatre rangs de colonnes, formant deux galeries couvertes avec une large avenue au milieu, traversait la ville de part en part 2, sur une longueur de trente-six stades (plus d'une lieue) *. Mais Antioche n'avait pas seulement d'immenses construc-

p. 68. Jean Chrysostome, //i sa?icf . Jgnalium, 4 (0pp. t. II, p. 597, édit. Montfaucon); In Matth. homilia lxxxv, 4 (t. VII, p. 810), évalue la population d' Antioche à deux cent mille âmes, sans compter les esclaves, les enfants et les immenses faubourgs. La ville actuelle n'a pas plus de sept mille habitants.

1. Les rues analogues de Palmyre, Gérase, Gadare, Sébaste étaient probablement des imitations du grand Corso d* Antioche.

2. On en trouve quelques traces dans la direction de BâbBolos,

3. Dion Chrysostome, Orat. xlvii (t. II, p. 229, édit. deReiskc); Uban'ius, AnliochicuSj p. 337, 340, 342, 356 (édit. Reiske); Malala, p. 232 et suiv., 276, 280 et suiv. (édit. de Bonn). Le constructeur de ces grands ouvrages fut Ântiochus Épiphane.

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tions d'utilité publique ^; elle avait aussi, ce que peu de villes syriennes possédaient, des chefs-d'œuvre d'art grec, d'admirables statues 2, des œuvres classiques d'une délicatesse que le siècle ne savait plus imiter. Antioche, dès sa fondation, avait été une ville tout hellénique. Les Macédoniens d' Antigène et de Séleucus avaient porté dans cette région du bas Oronte leurs souvenirs les plus vivants, les cultes, les noms de leur pays^. La mythologie grecque s'y était créé comme une seconde patrie; on avait la prétention de montrer dans le pays une foule de « lieux saints » se rattachant à cette mythologie. La ville était pleine du culte d'Apollon et des nymphes. Daphné, lieu enchanteur à deux petites heures de la ville, rappelait aux conquérants les plus riantes fictions. C'était une sorte de plagiat, de contrefaçon des mythes de la mèreT)atrie, analogue à ces transports hardis par lesquels les tribus primitives, faisaient voyager avec elles leur géographie mythique, leur Bérécynthe, leur Arvanda, leur Ida, leur Olympe. Ces fables gracques con-

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