CHAPITRE XIII
IDKK l) UN APOSTOLAT DES GENTILS. SAINT BARNABF.
Quand on apprit à Jérusalem ce qui s'était passé à Antioche, l'émotion fut grande ^. Malgré la bonne volonté de quelques-uns des principaux membres de . l'Église de Jérusalem, en particulier de Pierre, le collège apostolique continuait d'être assiégé des idées les plus mesquines. Chaque fois qu'on apprenait que la bonne nouvelle avait été annoncée à des païens, il se produisait, de la part de quelques anciens, des signes de mécontentement. L'homme qui cette fois triompha de cette misérable jalousie et qui empêcha les maximes exclusives des « hébreux » de ruiner l'avenir du christianisme, fut Barnabe. Barnabe était l'esprit le plus éclairé de l'Église de Jérusalem. Il était le chef du parti libéral, qui voulait le progrès
i, Act., XI, %i etsuiv.
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et l'Église ouverte à tous. Déjà il avait puissamment contribué à lever les défiances qui s'étaient élevées contre Paul. Cette fois, il exerça encore une grande influence. Envoyé comme délégué du corps apostolique à Antioche, il vit et approuva tout ce qui s'était fait; il déclara que l'Église nouvelle n'avait qu'à continuer dans la voie où elle était entrée. Les conversions continuaient à se produire en grand nombre*. La force vivante et créatrice du christianisme semblait s'être concentrée à Antioche. Barnabe, dont le zèle voulait toujours être au point où l'action était la plus vive, y resta. Antioche sera désormais son Église ; c'est de là qu'il va exercer le ministère le plus fécond. Le christianisme a été injuste envers ce grand homme, en ne le plaçant pas en première ligne parmi ses fondateurs. Toutes les idées larges et bonnes eurent Barnabe pour patron. L'intelligente hardiesse de Barnabe fut le contre-poids à ce qu'aurait eu de funeste l'entêtement de ces Juifs bornés qui formaient le parti conservateur de Jérusalem.
Une magnifique idée germa à Antioche dans ce grand cœur. Paul était à Tarse dans un repos qui, pour un homme aussi actif, devait être un supplice.