Nous examinerons plus tard ce que cachent ces récits
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qui le porta vers le christianisme. On était si préoccupé de son nom, qu'on croyait le lire à tort et à travers sur des cippes où il n'était pas écrit ^. Le symbolisme dont il avait revêtu ses idées fut interprété de la façon la plus grotesque. L' « Hélène » qu'il identifiait avec « la première intelligence » , devint une fille publique qu'il avait achetée sur le marché de Tyr2. Son nom enfin, haï presque à l'égal de celui de Judas, et pris comme synonyme d'antiapôtre^, devint la dernière injure et comme un mot proverbial pour
1. L'inscription SIMONI-DEOSANCTO, rapportée par Justin {Apol. I, 26), comme se trouvant dans l'île du Tibre, et mentionnée après lui par d'autres Pères de l'Église, était une inscription latine au dieu sabin Semo Sancus^ SEMONI-DEO-SANCO. On trouva en effet, sous Grégoire XIII, dans l'île Saint-Barthélémy, une inscription, maintenant âu Vatican, et qui portait cette dédicace. V. Baronius, A7in. eccl., ad annum 44; Or*elli, Inscr. lat., n» 4860. II y avait à cet endroit de File du Tibre un collège de bideniakê en l'honneur de Semo Sancus, renfermant plusieurs inscriptions du même genre. Orelli, n° 1861 (Mommsen, Inscr, laL regni NeapoL, n" 6770). Comp. Orelli, n° 1859, Henzen, n» 6999; Mabillon. Muséum ItaL, l, l"' part, p. 84. Le n° 1862 d'Orelli ne doit pas être pris en considération (voir Corp. inscr, lat,, I^ n» 542).
2. Ce grossier malentendu n'aurait pu être levé sans la découverte des Philosophumena, qui seuls donnent des extraits texUeb de VApophasis magna (voir VI, i, 19). Tyr était célèbre par ses courtisanes.
3. Éxôpôç avôpwTToç, àvTiy.sîasvo;. VoirHomil. pseudo-cleiH., hom. xvii, entière.
270 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 45]
désigner un imposteur de profession , un adversaire de la vérité, qu'on voulait indiquer avec mystère*. Ce fut le premier ennemi du christianisme, ou plutôt le premier personnage que le christianisme traita comme tel. C'est dire assez qu'on n'épargna ni les fraudes pieuses ni les calomnies pour le diffamer *. La critique, en pareil cas, ne saurait tenter une réhabilitation ; les documents contradictoires lui manquent. Tout ce qu'elle peut, c'est de constater la physionomie des traditions et le parti pris de dénigrement qu'on y remarque.
Au moins doit-elle s'interdire de charger la mémoire duthéurge samaritain d'un rapprochement qui peut n'être que fortuit. Dans un récit ^de l'historien Josèphe, un magicien juif , nommé Simon, né à Chypre, joue pour le procurateur Félix le rôle de proxénète ^. Les circonstances de ce récit ne conviennent pas assez bien à Simon de Gitton pour qu'il soit
-1. Ainsi, dans la littérature pseudo-clémentine, le nom de Simon le Magicien désigne par moments l'apôtre Paul, à qui Tauteur en veut beaucoup.
2. Il faut remarquer que, dans les Actes, il n'est pas encore traité en ennemi. On lui reproche seulement un sentiment bas, et on laisse croire qu'il se repentit (viii, 24 ). Peut-être Simon vivaitil encore quand ces lignes furent écrites, et ses rapports avec le christianisme n'étaient-ils pns encore devenus absolument mauvais.