ibid., XXIV
3. Ihid., XXIV, 34; I Cor., xv, 5; la finale de Marc dans le manuscrit L. Le fragment de TÉvangile des hébreux, dans saint Ignace, Epist. ad Smym,, 3, et dans saint Jérôme, De viris ilL, 46, semble placer « la visjon de Pierre » le soir, et la fondre avec celle des apôtres assemblés. Mais saint Paul distingue expressément les deux visions.
intime du dessin. La gloire de la résurrection appartient donc à Marie de Magdala. Après Jésus, c'est Marie qui a le plus fait pour la fondation du christianisme. L'ombre créée par les sens délicats de Madeleine plane encore sur le monde. Reine et patronne des idéalistes, Madeleine a su mieux que personne affirmer son rêve, imposer à tous la vision sainte de son âme passionnée. Sa grande affirmation de femme : « Il est ressuscité ! » a été la base de la foi de l'humanité. Loin d'ici, raison impuissante ! Ne va pas appliquer une froide analyse à ce chef-d'œuvre de l'idéalisme et de l'amour. Si la sagesse renonce à consoler cette pauvre race humaine, traliie par le sort, laisse la folie tenter l'aventure. Où est le sage qui a donné au monde autant de joie que la possédée Marie de Magdala?
Les autres femmes, cependant, qui avaient été au tombeau , répandaient des bruits divers ^. Elles n* avaient pas vu Jésus^; mais elles parlaient d'un homme blanc, qu'elles avaient aperçu dans le caveau et qui leur avait ^it : « Il n'est plus ici, retournez en
1 . Luc, XXIV, 22-24, 34. Il résulte de ces passages que les nouvelles se répandirent séparément.
2. Marc, xvi, 4 -8.— Matthieu, xxvui, 9-40, dit le contraire. Mais cela détonne dans le système synoptique, où les femmes ne voient qu'un ange. Il semble que le premier Évangile a voulu concilier'le système synoptique et celui du quatrième, où une seule femme voit Jésus.
li ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 33J
Galilée; il vous y précédera, vous Ty verrez^. » Peutêtre étaient-ce les linceuls blancs qui avaient donné lieu à cette hallucination. Peut-être aussi ne virent-elles rien, et ne commencèrent-elles à parler de leur vision que quand Marie de Magdala eut raconté la sienne. Selon un des textes les plus authentiques, en effet*, elles gardèrent quelque temps le silence , silence qu'on attribua ensuite à la terreur. Quoi qu'il en soit, ces récits allaient k chaque heure grossissant, et subissaient d'étranges déformations. L'homme blanc devint l'ange de Dieu ; on raconta que son vêtement était éblouissant comme la neige, que sa figure sembla un éclair. D'autres parlaient de deux anges, dont l'un apparut à la tête, l'autre au pied du tombeau*. Le soir, peut-être, bien des personnes croyaient déjà que les femmes avaient vu cet ange descendre du ciel, tirer la pierre, et Jésus s'élancer dehors avec fracas^. Elles-mêmes variaient sans doute dans leurs
1. Matth., xxviii, % et suiv.; Marc, xvi, 5 et suiv.; Luc, xxiv, 4, et suiv., 23. Cette apparition d'anges s'est introduite môme dans le récit du quatrième Évangile (xx, 4 2-1 3) , qu'elle dérange tout à fait, étant appliquée à Marie de Magdala. L'auteur n'a pas voulu abandonner ce trait donné par la tradition.