‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 39 sur 369 · Marc, xvi, 12-13; Luc, xxiv · texte numérisé non relu

Marc, xvi, 12-13; Luc, xxiv

3. Comparez Josèphe, B. J., VII, vi, 6. Luc met ce village à soixante stades et Josèphe à trente stades de Jérusalem. ÉÇi^Kovra,

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des derniers événements, et ils étaient pleins de tristesse. Dans la route, un compagnon inconnu s'adjoignit à eux et leur demanda la cause de leur chagrin. « Es-tu donc le seul étranger à Jérusalem, lui dirent-ils, pour ignorer ce qui vient de s'y passer? N'as-tu pas entendu parler de Jésus de Nazareth, qui fut un homme prophète, puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et le peuple? Ne sais-tu pas comment les prêtres et les grands l'ont fait condamner et crucifier? Nous espérions qu'il allait délivrer Israël, et voilà qu'aujourd'hui est le troisième jour depuis que tout cela s'est passé. Et puis, quelques feïnmes qui sont des nôtres nous ont jetés ce matin dans d'étranges perplexités. Elles ont été avant le jour au tombeau; elles n'ont pas trouvé le corps, mais elles affirment avoir vu des anges, qui leur ont dit qu'il est vivant. Quelques-uns des nôtres ont été ensuite au tombeau; ils ont tout trouvé conrnie les femmes avaient dit;

que portent certains manuscrits et certaines éditions de Josèphe, est une correction chrétienne. Voir l'édition de G. Dindorf. La situation la plus probable d'Ëmmalis est Kulonié, joli endroit au fond d'un vallon, sur la route de Jérusalem à Jaffa. Voir Sepp, Jérusalem und das Heilige Law(/(1863j, 1, p. 56; Bourquenoud, dans les Études reL hisL et litt. des PP. de la Soc. de Jésus, 4 863, n^ 9, et, pour les distances exactes, H. Zschokke, Das neutestamentliche Emmaûs (Schaffouse, 1865).

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mais lui, ils ne l'ont pas vu. » 1/inconnu était un homme pieux, versé dans les Écritures, citant Moïse et les prophètes. Ces trois bonnes personnes lièrent amitié. A l'approche d'Emmaûs, comme l'inconnu allait continuer sa route, les deux disciples le supplièrent de prendre le repas du soir avec eux. Le jour baissait; les souvenirs des deux disciples deviennent alors plus poignants. Cette heure du repas du soir était celle que tous se rappelaient avec le plus de charme et de mélancolie. Combien de fois n'avaient-ils pas vu, à ce moment-là, le maître bienaimé oublier le poids du jour dans l'abandon de gais entretiens, et, animé par quelques gouttes d'un vin très-noble, leur parler du fruit de la vigne qu'il boil'ait nouveau avec eux dans le royaume de son Père. Le geste qu'il faisait en rompant le pain et en le leui* offrant, selon l'habitude du chef de maison chez les Juifs, était profondément gravé dans leur mémoire. Pleins d'une douce tristesse, ils oublient l'étranger ; c'est Jésus qu'ils voient tenant le pain, puis le rompant et le leur offrant. Ces souvenirs les préoccupent à un tel point, qu'ils s'aperçoivent à peine que leur compagnon, pressé de continuer sa route, les a quittés. Et quand ils furent sortis de leur rêverie : « Ne sentions-nous pas, se dirent-ils, quelque chose d'étrange? Ne te souviens-tu pas que notre

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cœur était comme ardent pendant qu'il nous parlait dans le chemin? » — « Et les prophéties qu'il citait prouvaient bien que le Messie doit souffrir pour entrer dans sa gloire. Ne l'as-tu pas reconnu à la fraction du pain? » — « Oui, nos yeux étaient fermés jusque-là; ils se sont ouverts quand il s'est évanoui. » La conviction des deux disciples fut qu'ils avaient vu Jésus. Ils rentrèrent en toute hâte à Jérusalem. Le groupe principal des disciples était justement h ce moment-là rassemblé autour de Pierre K La nuit était tout à fait tombée. Chacun communiquait ses impressions et ce qu'il avait entendu dire. La croyance générale voulait .déjà que Jésus fût ressuscité. A l'entrée des deux disciples, on se hâta de leur parler de ce qu'on appelait « la vision- de Pierre» ^. Eux, de leur côté, racontèrent ce qui leur était arrivé dans la route et comment ils l'avaient reconnu à la fraction du pain- L'imagination de tous se trouva vivement excitée. Les portes étaient -fermées; car on redoutait les Juifs. Les villes orientales sont muettes après le coucher du soleil. Le silence était donc'par moments très-profond à l'intérieur; tous les petits ^

4. Marc, xvi, 44; Luc, xxiv, 33 et suiv.; Jean, xx, 19 et suiv.; Évang. des hébr., dans saint Ignace, Epist, ad Smym,, 3, et dans saint Jérôme, De viris ilL^ 16; I Cor., xv, 5.; Justin, DiaL cum Tryph., 106.

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