Transfiguration
2. Matth., XXVIII, 16-20; I Cor., xv, 6. Comparez Marc, xvi, 45 et suiy.; Luc, xxiv, 44 et suiv.
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comme les missionnaires du monde, capables de tous les prodiges. Saint Paul vit plusieurs de ceux qui assistèrent à cette scène extraordinaire. Après vingtcinq ans, leur impression était encore aussi forte et aussi vive que le premier jour^.
Près d'un an s'écoula dans cette vie suspendue entre le ciel et la terre ^. Le charme, loin de décroître,
• 4. I Cor., XV, 6.
2. Jean ne limite pas la durée de la vie d'outre-tombe de Jésus. II paraît la supposer assez longue. Selon Matthieu, elle n'aurait duré que le temps nécessaire pour faire le voyage de Galilée et se rendre à la montagne indiquée par Jésus. Selon la première finale inachevée de Marc (xvi, i-8), les choses se seraient passées, ce semble, comme dans Matthieu. Selon la seconde finale (xvi, 9-20), selon d'autres (voir ci-dessus, p. 7, note i ), et selon l'Évangile de Luc, la vie d'outre-tombe semblerait n'avoir duré qu'un jour. Paul (I Cor., XV, 5-8), d'accord avec le quatrième Évangile, la prolonge durant des années, puisqu'il donne sa vision, laquelle eut lieu cinq ou six ans au moins après la mort de Jésus, coihme la dernière des apparitions. La circonstance des « cinq cents frères » conduit à la môme supposition; car il ne semble pas qu'au lendemain de la mort de Jésus, le groupe de ses amis fût assez compacte pour fournir une telle assemblée {Act., i, 15). Plusieurs sectes gnostiques, en particulier les valentiniens et les séthiens, évaluaient la durée des apparitions à dix-huit mois, et même fondaient là-dessus des théories mystiques (Irénée, Adv, hœr.j I, m, 2; XXX, U). Seul, l'auteur des'^c^e* (i, 3) fixe la durée de la vie d'outre-tombe de Jésus à quarante jours. Mais c'est là une bien faible autorité, surtout si l'on remarque qu'elle se rattache à un système erroné (Luc, xxiv, 49, 50, 52; Act., i,>, 42), d'après lequel toute la vie d'outre-tombe se serait passée à Jéru-
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augmentait. C'est le propre des grandes et saintes choses., de grandir et de se purifier toujours. Le sentiment d'une personne aimée qu'on a perdue est bien plus fécond à distance qu'au lendemain de la mort. Plus on s'éloigne, plus ce sentiment devient énergique. La tristesse qui d'abord s'y mêlait et, en un sens, ' l'amoindrissait, se change en piété sereine. L'image du défunt se transfigure, s'idéalise, devient l'âme de la vie, le principe de toute action, la source de toute joie, l'oracle que l'on consulte, la cffrïsolation qu'on cherche aux moments d'abattemelM? Xa mort est la condition de toute apothéose. Jésus, si aimé durant sa vie, le fut ainsi plus encore après son dernier soupir, ou plutôt son dernier soupir devint le commencement de sa véritable vie au sein de ^on Église. Il devint l'ami intérieur, le confident, le compagnon de voyage, celui qui, au détour de la route, se joint à vous, vous suit, s'attable avec
salem ou aux environs. Le nombre quarante est symbolique (le peuple passe quarante ans au désert ; Moïse , quarante jours au Sinaï; Ëlie et Jésus jeûnent quarante jours, etc.). Quant à la forme de récit adoptée par Fauteur des douze derniers versets du second Évangile et par Fauteur du troisième Évangile , forme d'après laquelle les circonstances sont serrées en un jour, voir ci -dessus, p. 33, note. L'autorité de Paul, la plus ancienne et la plus forte de toutes, corroborant celle du quatrième Évangile, qui offre pour cette partie de Thisloire évangélique le plus de suite et de vraisemblance, nous parait fournir un argument décisif.
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VOUS, et se fait connaître en s'évanouîssant ^. Le maaique absolu de rigueur scientifique dans l'esprit des nouveaux croyants faisait qu'on ne se posait aucune question sur la nature de son existence. On se le représentait comme impassible, doué d'un corps subtil, traversant les cloisons opaques, tantôt visible, tantôt invisible, mais toujours vivant. Quelquefois, on pensait que son corps n'avait aucune matière, qu'il était une pure ombre ou apparence 2. D'autres fois, on lui prêtait de la matérialité, de la chair, des os; par un scrupule naïf, et comme si l'hallucination eût voulu se précautionner contre elle-même, on le faisait boire, manger; on voulait qu'il se fût laissé palper ^. Les idées flottaient sur ce point dans le vague le plus complet.
A peine avons-nous songé jusqu'ici à poser une question oiseuse et insoluble. Pendant que Jésus ressuscitait de la vraie manière, c'est-à-dire dans le cœur de ceux qui l'aimaient, pendant que la conviction inébranlable des apôtres se formait et que la foi du monde se préparait, en quel endroit les