Ibid,, xxviii, 2 et suiv
5. Les Juifs sont censés, Matth., xxvii, 63 , savoir que Jésus a prédit qu'il ressusciterait. Mais les disciples mêmes de Jésus n'avaient à cet égard aucune idée précise. Voir ci-dessus, p. 1 , note.
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On ne peut guère admettre que ceux qui ont si fortement cru Jésus ressuscité soient ceux - là mêmes qui avaient enlevé le corps. Quelque peu précise que fut la réflexion chez de tels .hommes, on imagine à peine une si étrange illusion. Il faut se souvenir que la petite Église à ce moment était complètement dispersée . 11 n'y avait nulle entente , nulle centralisation , nulle publicité régulière. Les croyances naissaient éparses, puis se rejoignaient comme elles pouvaient. Les contradictions entre les récits qui nous restent sur les incidents du dimanche matin prouvent que les bruits se répandirent par des canaux trèsdivers, et qu'on ne se soucia pas beaucoup de se mettre d'accord. I! est possible que le corps ait été enlevé par quelques-uns des disciples, et transporté par eux en Gahlée*. Les autres, restés à Jérusalem, n'auront pas eu connaissance du fait. D'un autre côté, les disciples qui auront emporté le corps en Galilée n'auront eu d'abord aucune connaissance des récils qui se formèrent à Jérusalem, si bien que la croyance à la résurrection se sera formée derrière eux et les aura surpris ensuite. Ils n'auront pas réclamé, et, l'eussent-ils fait, cela n'eût rien dérangé. Quand il s^agit de miracles , une rectification tardive est non
4 . Le vague sentiment de ceci peut se retrouver dans Matthieu, xjvi, 32; xxviii, 7, iO; Marc, xiv, 28; xvi, 7.
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avenue *. Jamais une difficulté matérielle n'empêche un sentiment de se développer et de créer les fictions dont il a besoin 2. Dans l'histoire récente du miracle de ht Salette, l'erreur a été démontrée jusqu'à l'évidence^; cela n'empêche pas la basilique de s'élever et la foi d'accourir.
4 . Cela s*est vu pour les miracles de la Salette et de Lourdes. — Une des manières les plus ordinaires dont se forme la légende miraculeuse est celle-ci. Un saint personnage passe pour faire des guérisons. On lui amène un malade, qui, par suite de l'émotion, se trouve soulagé. Le lendemain, on répète à dix lieues à la ronde qu'il y a eu miracle. Le malade meurt cinq ou six jours après; personne n'en parle, si bien que, à Theure où l'on enterre le défunt, on raconte avec admiration sa guérisoii à quarante lieues de là. — Le mot prêté au philosophe grec devant les ex-voto de Samothrace (Diog. Laërte, VI , 11, 59) est aussi d'une parfaite justesse.
2. Un phénomène de ce genre, et des plus frappants, se passe chaque année à Jérusalem. Les grecs orthodoxes prétendent que Je feu qui s'allume spontanément au saint sépulcre le samedi saint de leur Pâque efface les péchés de ceux qui le promènent sur leur figure, et ne brûle pas. Des milliers de pèlerins en font l'expérience et savent fort bien que ce feu brûle (les contorsions qu'ils font, jointes à l'odeur, le prouvent suffisamment). Néanmoins, il ne s'est jamais trouvé personne pour contredire' la croyance de rÉglise orthodoxe. Ce serait avouer qu'on a manqué de foi, qu'on a été indigne du miracle, et reconnaître, ô ciel! que les latins sont la vraie Église; car ce miracle est tenu des grecs pour la meilleure preuve que leur Église est la seule bonne.
3. Affaire de la Salette, devant le tribunal civil de Grenoble (arrêt du 2 mai 4855), et devant la cour de Grenoble (arrêt du
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Il est permis de supposer aussi que la disparition du corps fut le fait des Juifs. Peut-être crurent-ils par là prévenir les scènes tumultueuses qui pouvaient se produire sur le cadavre d'un homme aussi populaire oue Jésus. Peut-être voulurent-ils empêcher qu'on ne lui fît des funérailles bruyantes ou qu'on n'élevât un tombeau à ce juste. Enfin, qui sait si la disparition du cadavre ne fut pas le fait du propriétaire du jardin ou du jardinier * ? Ce propriétaire, selon toutes les vraisemblances 2, était étranger à la secte. On choisit son caveau parce qu'il était le plus voisin du Golgotha et parce qu'on était pressé *. Peut-être fut-il mécontent de cette prise de possession, et fit-il enlever le cadavre. A vrai dire, les détails, rapportés par le quatrième Évangile, des linceuls laissés dans le caveau, et du suaire plié soigneusement à part dans un coin ^, ne s'accordent guère avec une telle hypothèse. Cette dernière circonstance ferait supposer qu'une main de femme s'était glissée là 5. Les
6 mai 1857), plaidoiries de MM. Jules Favre et Bethmont, etc., recueillies par J. Sabbatier (Grenoble, Vellot, 1857). 1 ; Jean, xx, 1 5, renfermerait-il une lueur de ceci ?