Act., V, 1-11. Comparez Act., xm
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elle confondit la plus légitime des libertés, celle d'adorer à sa manière, avec des abus qu'aucune société n'a jamais pu supporter impunément.
Pierre avait parmi les apôtres une certaine primauté, tenant surtout à son zèle et à son activité ^. En ces premières années , il se sépare à peine de Jean, fils de Zébédée. Ils marchaient presque toujours ensemble 2, et leur concorde fut sans doute la pierre angulaire de la foi nouvelle. Jacques, frère du Seigneur, les égalait presque en autorité, au moins dans une fraction de l'Église. Quant à certains amis intimes de Jésus, comme les femmes galiléennes, la famille de Béthanie, nous avons déjà remarqué qu'il n'est plus question d'eux. Moins soucieuses d'organiser et de fonder, les fidèles compagnes de Jésus se contentaient d'aimer mort celui qu'elles avaient aimé vivant. Plongées dans leur attente, les nobles femmes qui ont fait la foi du monde étaient presque des inconnues pour les hommes importants de Jérusalem. Quand elles moururent, les traits les plus importants de l'histoire du christianisme naissant furent mis au tombeau avec elles. Les rôles actifs font seuls la renommée; ceux qui se con-
4. Act., ï, 15; II, U, 37; v, 3, 29; Gai., i, 18; ii, 8. 2. Act., III, ^ et suiv.; VIII, 14; Gai.» 11, 9. ComparezJean, xx, 2 et suiv.; xxi, 20 et suiv.
[An 35] LES APOTRES. Dl
tentent d'aimer en secret restent obscurs, mais sûrement ils ont la nieilleure part.
Inutile de dire que ce petit groupe de gens simples n'avait aucune théologie spéculative. Jésus s'était tenu sagement éloigné de toute métaphysique. Il n'eut qu'un dogme, sa propre filiation divine et la divinité de sa mission. Tout le symbole de l'Église primitive pouvait tenir en une ligne : « Jésus est le Messie , fils de Dieu, w Cette croyance reposait sur un argument péremptoire, le fait de la résurrection , dont les disciples se portaient comme témoins. En réalité, personne (pas même les femmes galiléennes) ne disait avoir vu la résurrection^. Mais l'absence du corps et les apparitions qui avaient suivi paraissaient équivalentes au fait lui-môme. Attester la résurrection de Jésus , telle était la tâche que tous envisageaient comme leur étant spécialement imposée 2. On s'imagina d'ailleurs bien vite que le maître
4. Selon Malth., xxviii, 1 et suiv., les gardiens auraient été témoins de la descente de Tange qui tira la pierre. Ce récit, trèsembarrassé, voudrait aussi laisser entendre que les femmes furent témoins du même fait, mais il ne le dit pas expressément. En tout cas, ce que les gardiens et les femmes auraient vu, d'après le môme récit, ce ne serait pas Jésus ressuscitant , ce serait l'ange. Une telle rédaction, isolée, inconsistante, est évidemment la plus moderne de toutes.
2. Luc, XXIV, 48 ; Ad., i, 22 ; ir, 32 ; ni, 15; iv, 33; v, 32 ; x, 44 ; XIII, 30, 31.
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avait prédit cet événement. On se rappela diverses paroles de lui , qu'on se figura n'avoir pas bien comprises, et où l'on vit après coup une annonce de la résurrection ^. La croyance en la prochaine manifestation glorieuse de Jésus était universelle 2. Le mot secret cfue les confrères disaient entre eux pour se reconnaître et se fortifier, était ^aran atha^ <( le Seigneur va venir » ^! On croyait se rappeler une déclaration de Jésus, d'après laquelle la prédication n'aurait pas le temps d'atteindre toutes les villes d'Israël avant que le Fils de l'homme apparût dans sa majesté^. En attendant, Jésus ressuscité est assis à la droite de son Père. Là, il se repose jusqu'au jour solennel où il viendra, assis sur les nuées, juger les vivants et les morts ^.
L'idée qu'ils avaient de Jésus était celle que Jésus leur avait donnée lui-même. Jésus a été un prophète puissant en œuvres et en paroles^, un homme élu de Dieu, ayant reçu une mission spéciale pour l'humanité ^, mission qu'il a prouvée par ses miracles et sur-