I Thess., IV, 43 et suiv.; I Cor., xv, 42 et suiv
5. Phil., I, 33 , semble d^une nuance un peu différente. Ge[>endant comparez I Thess. , iv, 44-47» Yoir surtout Apoc., xx, 4-6.
9i$ ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 35]
l'âme alors est tout à fait libre et dégagée, cette idée, dis-je, n'était nullement arrêtée chez les premiers chrétiens. Le plus souvent, il semble que l'homme pour eux n'existait pas sans corps. Cette conception dura longtemps, et ne céda que quand la doctrine de l'immortalité de l'âme, au sens de la philosophie grecque, eut fait son entrée dans l'Église, et se fut combinée tant bien que mal avec le dogme chrétien de la résurrection et du renouvellement universel. A l'heure où nous sommes, la croyance à la résurrection régnait à peu près seule ^. Le rite des funérailles était sans doute le rite juif. On n'y attachait nulle importance ; aucune inscription n'indiquait le nom du mort. La grande résurrection était proche ; le corps du fidèle n'avait à faire dans le rocher qu'un bien court séjour. On ne tint pas beaucoup à se mettre d'accord sur la question de savoir si la résurrection serait universelle, c'est-à-dire embrasserait les bons et les méchants, ou si elle s'appliquerait aux seuls élus 2.
4. Paul, endroits précités, et Phil., m, 44; Apoc. , xx entier; Papias, dans Eusèbe, H. ^., III, 59. On voit poindre parfois la croyance contraire, surtout dans Luc (Évang., xvi, 22 et suiv.; xxiii, 43, 46). Mais c'est là une autorité faible sur un point de théologie juive. Voir ci-dessuSy Introd., p. xvin-xix. Les esséniens avaient déjà adopté le dogme grec de Timmortalité de Tâme.
2. Comparez -4c^^ xxiv. 45, à I Thess., iv, 43 et suiv.; Phil., ni, 44. Cf. Apoc, XX, 5. Voir Leblant, Inscr, chrét. de la Gaule, If,. Pr 84 et suiv.
[An 35] LES APOTRES. 99
Un des phénomènes les plus remarquables de la nouvelle religion fut la réapparition du prophétisme. Depuis longtemps, on ne parlait plus guère de prophètes en Israël. Ce genre particulier d'inspiration sembla renaître dans la petite secte. L'Église primitive eut plusieurs prophètes et prophétesses^, analogues à ceux de l'Ancien Testament. Les psalmistes reparurent aussi. Le modèle des psaumes chrétiens nous est sans doute offert par les cantiques que Luc aime à semer dans son Évangile 2, et qui sont calqués sur les cantiques de l'Ancien Testament. Ces psaumes, ces prophéties sont dénués d'originalité sous le rapport de la forme ; mais un admirable esprit de douceur et de piété les anime et les pénètre. C'est comme un écho affaibli des dernières productions de la lyre sacrée d'Israël. Le livre des Psaumes fut en quelque sorte le calice de fleur où Pabeille chrétienne butina son premier suc. Le Pentateuque, au contraire, était, à ce qu'il semble, peu lu et peu médité ; on y substituait des allégories à la façon des midraschim juifs, où tout le sens historique des livres était supprimé.
Le chant dont on accompagnait les hymnes nou-
4. AcLj XI, 27 et suiv.; xni, 1; xv, 32; xxi, 9, ^0 et suir.; I Cor., XII, 28 et suiv.; xiv, 29-37; Eph., m, 5; iv, 44; Apoctl., I, 3; XVI, 6; xviii, 20, 24; xxii, 9.