Cf. Josèphe, D, J., II, viii, W
[in Si] LES ÉVANGILES. ICO
vertueux. Vers Tan 80, il y avait encore, surtout en Egypte, des sectes qui se plaçaient à ce point de vue, sans pourtant adhérer à Jésus. Bientôt il n*y en aura plus, et TËglise chrétienne contiendra tous ceux qui veulent se soustraire aux exigences excessives de la Loi sans cesser d'appartenir à la famille spirituelle d'Abraham.
Le livre coté le quatrième dans la collection sibylline n*est pas le seul écrit de son espèce qu'ait produit l'époque de Domitien. Le morceau qui sert de préface à la collection tout entière, et qui nous a été conservé par Théophile, évéque d'Ântioche (fin du n' siècle) , ressemble beaucoup au livre quatrième et se termine de la même manière ' : « Une trombe de feu fondra sur vous; des torches ardentes vous brûleront durant Tétemité; mais ceux qui auront adoré le vrai Dieu infini hériteront de la vie, habitant à jamais le riant jardin du Paradis, mangeant le doux pain qui descend du ciel étoile ^ » Ce fragnoent semble, aii premier coup d'œil , présenter en quelques expressions des indices de christianisme ; mais on trouve dans Philon des expressions tout à fait analogues. Le christianisme naissant eut, en
r Carm, sib., proœm., v. 8<-87; comp. HI, 60-61. 2. Cf. Philon, Allégories de la Loi, lU, S 69; Carm. sib., VIU, 403 et 8uiv.
170 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An tt]
dehors du rôle divin prêté à la personne de Jésus, si peu de traits spécialement propres, que la rigoureuse distinction de ce qui est chrétien et de ce qui ne Test pas devient par moments extrêmement délicate. Un détail caractéristique des apocalypses sibyllines, c'est que, d'après elles, le monde finira par une conflagration. Plusieurs textes bibliques conduisaient ^ cette idée^ On ne la rencontre pas néanmoins dans la grande Apocalypse chrétienne, celle qui porte le nom de Jean. La première trace qu'on on trouve chez les chrétiens est dans la seconde Kpllro do Pierro, écrit supposé bien tardivement*. La croyance dont il s'agit paraît ainsi s'être développée dans lo niilieu alexandrin, et l'on est autorisé à croire qu'elle vint en partie de la philosophie grecque: plusieurs écoles, en particulier les stoïciens, avaient pour principe que le monde serait consumé par lo fou '. Los essôniens avaient adopté la même opinion*; ollo devint en quelque sorte la base de tous les ôorits attribues ;\ la Sibylle % tant que cette fiction
I. IVulor.. wvii.iî (Justin. .l;>o/. /. 44,60); Isaïe, lxvi, 45.
î. II IVhi. nu 7, 12.
a. fcxfjfwir;. Cf. Oie. Quœst, acad., IL 37: Ovide, Metam., I, î:i6 ot sui\.: SiMuV]U(\ Consol, ad Marciam, Î6; Quœsl, nat., III, Ix^î /V monarvh'ti. attribut^ à saint Justin, 3.