‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 140 sur 353 · Borghesi, Œavr. compL, t. HT, p. 37S et suiv · texte numérisé non relu

Borghesi, Œavr. compL, t. HT, p. 37S et suiv

3. « Haudquaquam erecto animo,.. mitem virum,... in fine vitssuaesegnem. » Tacite, Hisl., III, 65, 75.

4. Il est vrai que Josèphe ne parle pas des Clemens. La cause «n est sans doute dans la jalousie féroce de Domitien. Chez Quintilien (IV, prsef.), de même, l'expression sororis suœ nepotes «emble indiquer la crainte d'exciter la jalousie de Domitien eo «ommant Clemens ou Domitiila.

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famille impériale, surtout dans la branche collatérale de cette famille. Flavius Clemens, fils de Flavius Sabinos, et par conséquent cousin germain de Do^ mitien, avait épousé Flavia Domitilla, sa petite-cousine, fille d'une autre Flavia Domitiila, fille elle-même de Vespasien, morte avant Tavénement de son père à rempire\ Par des voies qui nous sont inconnues,

1. On connaît avec certitude trois Flavie Domitille : 4» la femme de Vespasien, %^ sa fille, 3<^ sa petite-fille, femme de Glemeos. La Flavie Domitille, qui semble être le personnage principal de l'inscription n'* 776 d'Orelli (Gruter, 245, 5), serait la femme de Clemens (de Rossi,Bf«/l.^4865, p. 24, 22, 23; Joum. des sav.j janv. 4870, p. 24; Corpus inscr. lat.^ tome VI [encore inédit], D<= 948; la restitution qu'on propose offre des difficultés venant de la place insolite des mots filia et neptis). Quant à une Flavie Domitille, distincte de la femme de Clemens, et vierge selon ia légende, elle n'a pas de réalité; il y faut voir un pur dédoublement de Flavie Domitille, petite-fille de Vespasien et femme de Flavius Clemens. C'est par erreur que Brutlius (Chron, d'Eusèbe, p. 460-463, édit. de Schœne, en observant que la version arménienne de la Chronique d'Euscbe, présente un texte différent de celui qu'a suivi saint Jérôme] fait de la Domitille qui fut persécutée une nièce de Flavius Clemens. L'Église a saisi avec empressement l'assertion de Brutlius, pour laisser subsister la vieille légende d'une Flavie Domitille vierge et vouée à la vie religieuse. Beaucoup de critiques, il est vrai, donnent raison à Brutlius contre Dion. Dans leur système, Flavie Domitille, femme de Clemens, n'aurait rien souffert; la Flavie chrétienne aurait bien été une nièce de Clemens. Mais Suétone indirectement et Pbilostrate enveloppent Flavie Domitille, femme de Clemens, dans la disgrâce de son mari; Terreur de Dion serait en elle-même bien plus inexplicable que celle de Brutlius. Cf. Mommsen, Corp.

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mais qui probablement se rattachaient aux relations de la famille Flaviaavec les juifs, Glemens et Domitilla adoptèrent les mœurs juives, c'est-à-dire sans doute ce judaïsme mitigé, qui ne différait du christianisme que par l'importance attachée au rôle de Jésus. Ce judaïsme des prosélytes, borné aux préceptes noachiques, était justement celui que prêchait Josèphe, le client de la famille Flavia*. C'était celui que l'on représentait comme ayant été défini par l'accord de tous les apôtres à Jérusalem*. Clemens s'y laissa séduire. Peut-être Domi tille alla-t-elle plus loin, et mérita-t-elle le nom de chrétienne '. Il ne faut rien exa-

inscr. laL, VI^ p. 47â-473. — Les nouvelles découvertes dans le champ de l'archéologie et de Tépi graphie fla viennes (do Rossi, BulL diarch, crist.^ 4875, 69 et suiv.; Revue archéoL, mars 4876, p. 472-474) n'ont rien changé à ces résultats. i. Ànl., XX, II, et Viiajti.

2. Le livre où se trouve ce canon prétendu de Jérusalem (AcL, xv) fut justement rédigé à Rome vers ce temps. Voir ciaprès, p. 446-447.

3. Dion Cassius, LXVII, 44; Suétone, Domit,,ho, n'impliquent rien qui dépasse le judaïsme. On a cru reconnaître notre Clemens dans le père du célèbre Onkélos, fils de Calonyme, prétendu neveu de Titus, qui, dit-on, se serait converti au judaïsme (Talm. de Bab., Gitiin, 56 h; Ahoda zara, 44 a). Transcrits en hébreu, les noms de Clemens et de Calonyme diffèrent à peine ; mais on n'obtient cette combinaison qu'en attribuant à Calonyme ce qui est dit d'Onkélos. Le passage de Bruttius, allégué par Eusèbe {Chron,, loc. c\i, \HUt, ecclés., III, 48), ferait nettement de Domitille une chrétienne; mais Eusèbe ne le cite pas

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gérer cependant. Flavius Clemens et Flavia Domililla ne paraissent pas avoir été de véritables membres de rËglise de Rome. Comme tant d'autres Romains distingués, ils sentaient le vide du culte officiel, l'insuffisance de la loi morale qui sortait du paganisme, la repoussante laideur des mœurs et de la société du temps. Le charme des idées judéo-chrétiennes agit sur eux. Ils reconnurent de ce côté la vie et l'avenir;

textuellement. En tout cas, il est singulier qu'Eusèbe ne parle pas en même temps du christianisme de Clemen?, qu'il a occasion de nommer. La traduction arménienne de la Chronique ne semble l'impliquer que par suite de fautes et de corrections arbitraires. Comment Eusèbe, dans V Histoire ecclésiastique, et saint Jérôme auraient-ils omis une particularité aussi importante, si elle avait été dans la Chronique f Le silence de Tertullien, qui avait tant d'occasions de parler d'un tel fait dans l'Apologétique, et des Pères de l'Église est aussi bien bizarre. Le souvenir des Flavius chrétiens est sensible, il est vrai, dans les Homélies pseudo-clémentines, Hom., IV, 7; xii, 8; xiv, 10, mais fort interverti. Ce que dit saint Jérôme (Ad Eusloch., Epit, Paulœ, p. 672, Mart., IV, V part.) est un écho d'Eusèbe. Depuis le iv* siècle, du reste, Domitille obtient les honneurs de la sainteté. Un sectaire, ennemi du mariage, comme il y en eut toujours beaucoup à Rome, s'empara tardivement d'elle, en fit une vierge martyre, et construisit sur cette donnée le roman des saints Nérée et Achiilée. Quant à Clemens, l'opinion de sa sainteté eut beaucoup do peine à s'établir. Le Syncelle (p. 650, Bonn) en fait expressément on martyr. L'inscription trouvée sous Tautel de saint Clémettt en nSB (Greppo, Trois mém., p. 174 et suiv.; de Ro^si, BltU.j, 4M3, p. 39, et 1865, p. 23) fut mise au moyen âge sur un crut être le sien, et qu'on transporta dans l'ôglise de saint Clément Romain.

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mais sans doute ils ne furent pas ostensiblement chrétiens. Nous verrons plus tard Flavie Domitille agir plus en Romaine qu'en chrétienne et ne pas reculer devant Tassassinatd'un tvran. Le seul fait d*accepter le consulat était pour Clemens accq)ter Tobligation de sacrifices et de cérémonies essentiellement idolâtres*. Clemens était la seconde personne de

FEtat. Il avait deux enfants que Domitien destinait à lui succéder, et auxquels celui-ci avait déjà donné les noms de Vespasien et de Domitien'. L'éducation de ces enfants était confiée à un des hommes les plus corrects du temps, au rhéteur Quintilien% à qui Clemens fit accorder les insignes honoraires du consulat ^ Or Quintilien poussait l'horreur des idées juives au même degré que T horreur des idées républicaines. A côté des Gracques, il place « l'auteur de la superstition judaïque » parmi les révolutionnaires les plus néfastes'. Quintilien pensait-il à Moïse

4. Ovide, Fasl., I, 79-86; PonL, IV, iv, 23-«. Comp. Tertullien, De xdoloL, 47-ÎO; Origène, Contre Celse, VHI, 74, 73.

2. Suét., Dom.j 15. Cf. Mionnet, t.IIf, p. 2!i3,n»* 4246, 4247.

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