Voir Ëpltre à Diognète, c
3. Pirké aholh, ii, 8 ; Aboth de-rabli Nathan, c. xiv; comparez Talm. de Bab., Sukka, 28 6.
6 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 74]
une goutte d'eau », voilà dorénavant l'idéal d'Israël. Il n'y avait pas encore de manuel écrit pour ce droit traditionnel. Plus de cent ans s'écouleront avant que les discussions des écoles arrivent à former un corps, qui s'appellera la Mischna par excellence * ; mais le fond de ce livre date bien de l'époque où nous sommes. Quoique compilé en Galilée, il est en réalité né à labné. Vers la fin du i" siècle, il existait des petits cahiers de notes, en style presque algébrique et remplis d'abréviations, qui donnaient les solutions des rabbins les plus célèbres pour les cas embarrassants. Les mémoires les plus robustes fléchissaient déjà sous le poids de la tradition et des précédents judiciaires. Un tel état de choses appelait l'écriture. Aussi voyons-nous, dès cette époque, mentionner des mischna^ c'est-à-dire des petits recueils de décisions ou halakoth, lesquels portent le nom de leur auteur. Telle était celle de Rabbi Éliézer ben Jacob, que, dès la fin du i" siècle, on qualifiait de « courte, mais bonne * ». Le Irailé mîschnique Eduioih, qui se distingue de tous les autres en ce qu'il n'a pas de sujet spécial, et qu'il est à lui seul une mischna abrégée, a pour noyau X^séduioth^ ou « témoignages », rela-
\ . Le sens de Afischna est « loi répétée par cœur, non écrite », par opposition à Mikra, « loi lue, par conséquent écrite ». t, Buxtorf, Lex., col. 1948; Talm. de Bab., Jehamoth, 49 b
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tifs à des décisions antérieures, qui furent recueillis à labné et soumis h une révision lors de la destitution de Rabbi Gamaliel le jeune * . Vers le même temps, Rabbi Éliézer ben Jacob composait de souvenir la description du sanctuaire qui fait le fond du traité Middoih*, Siméon de Mispa, à une époque plus ancienne encore, paraît l'auteur de la première rédaction du traité /orna, relatif à la fête du grand Pardon, et peut-être du traité Tamid ^
L'opposition entre ces tendances et celles du christianisme naissant était celle du feu et de l'eau. Les chrétiens se détachaient déplus en plus de la Loi ; les juifs s'y cramponnaient avec frénésie. Une vive antipathie paraît avoir existé chez les chrétiens contre Tesprit subtil, sans charité, qui chaque jour tendait à prévaloir dans les synagogues. Jésus déjà, cinquante ans auparavant, avait choisi cet esprit pour point de mire de ses traits les plus acérés. Depuis, les casuistes n'avaient fait que s'enfoncer de plus en plus dans leurs vaines arguties. Les malheurs de la nation n'avaient rien changé à leur caractère. Disputeurs, vaniteux, ja-