Fragm. de M. Bensly, v. 49 el suiv
|Ad 07] LES ÉVANGILES. 361
lés, ils sont morts*... On voit quelles racines profondes avaient déjà dans le judaïsme les atroces doctrines d'élection et de prédestination qui devaient causer plus tard à tant d*âmes excellentes de si cruelles tortures. Ces effroyables duretés, dont toutes les écoles préoccupées de damnation sont coutumières, révoltent par moments le sentiment pieux de Tauteur. II se laisse aller à s'écrier :
O terre, qu'as-tu fait en donnant la naissance à tant d'êtres destinés à la perdition? Qu'il eût mieux valu que la conscience ne nous eût pas été donnée, puisqu'elle n'aboutit qu*à nous faire torturerl Que l'humanité pleure; que les bêtes se réjouissent: la condition de ces dernières est préférable à la nôtre; elles n'attendent pas le jugement, elles n'ont pas de supplice à craindre, après la mort il n'y a plus rien pour elles. Que nous sert la vie, puisque nous kii devons un avenir de tourments? Mieux vaudrait le néant que la perspective du jugement.
L'Éternel répond que l'intelligence a été donnée à l'homme pour qu'il soit inexcusable au jour suprême et qu'il n'ait rien à répliquer *.
L'auteur s'enfonce de plus en plus dans les questions bizarres que soulèvent ces dogmes redoutables ^ Est-ce dès le moment où l'on a rendu le dernier