‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 269 sur 353 · Bronzes d'Ossuna. Joum, des sav,, nov. <876, p · texte numérisé non relu

Bronzes d'Ossuna. Joum, des sav,, nov. <876, p

3. a Qui novas et usu vel ratione incognitas religiones indu-

406 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [Ao 98]

Ton prévenait par la mort ou Texil. C'est ainsi que l'empire romain tua la vie antique, tua Tâme, tua la science, forma cette école d'esprits lourds et bornés, de politiques étroits qui, sous prétexte d'arrêter la superstition, amenèrent en réalité le triomphe de la théocratie.

Un grand affaiblissement intellectuel était la

conséquence de ces efforts pour revenir à une foi

que personne n'avait plus. Une sorte de banalité

se répandit sur les croyances et leur enleva tout

sérieux. Les libres penseurs, innombrables au i'' siècle

avant et au i^ siècle après Jésus-Christ S diminuent

peu à peu et disparaissent. Le ton dégagé de la

grande littérature latine se perd et fait place à

une pesante crédulité. La science s'éteint de jour

en jour. Depuis la mort de Sénèque, on peut dire

qu'il n'y a plus un seul savant tout à fait rationaliste.

•cunt, ex quitus animi hominum moveantur/^honestiores dep^rtantur, hurailiores capite puniuntur. » Paul, Sentent., V, xxi, i. €f. Digeste, I. 30 , De pamis (XLVIII, 19) : t Si quis aliquid fecerit quo levés hominum animi superstitione numinis teirerenlur, Divus Marcushujusmodi homines in insulam relegari rcscripsit.» Ce rescrit se rapportait sans doule à des faits comme celui qui est rapporté dans Jules Cnpitolin, Ant, Phil.y 43.

\, Qu'on se rappelle César, Lucrèce, Cicéron, Horace, etc* Voir, par exemple, Cicéron, De nat, deorum, IF, î. Juvénal seul continue, dans la société romaine, jusqu'aux temps d'Adrien Texpression d'une franche incrédulité.

[kn^] LES ÉVANGILES. 407

Pline l'ancien est curieux, mais n'a aucune critique. Tacite, Pline le jeune, Suétone, évitent de se prononcer sur rinanité des plus ridicules imaginations. Pline le jeune croit à de puériles histoires de revenants ^ Épîctète veut que l'on pratique le culte établi*. Même un écrivain aussi frivole qu'Apulée se croit obligé de prendre, quand il s'agit des dieux, le ton d'un conservateur rigide'. Un seul homme, vers le milieu de ce siècle, parait tout à fait exempt de croyances surnaturelles, c'est Lucien. L'esprit scientifique, qui est la négation du surnaturel, n'existait plus que chez un très-petit nombre ; la superstition envahissait tout, énervait toute raison.

En même temps que la rehgion corrompait la philosophie, la philosophie cherchait des conciliations apparentes avec le surnaturel *. Une théosophie niaise et creuse, mêlée d'imposture, devenait à la mode. Apulée appellera bientôt les philosophes « les prêtres de tous les dieux » • ; Alexandre d'Abonotique fondera un culte avec des prestiges de jongleur. Le charlatanisme religieux, la thaumaturgie, relevée par un faux vernis de philoso-

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