CHAPITRE XYIII
ÉPHèSE. — VIEILLESSE DE JEAN. — CÉRIRTHE. •» DOCéTISVE.
Le doute, qui n'est jamais absent de cette bistoire, devient toujours un nuage opaque quand il s'agit d*Éphèse et des sourdes passions qui 6*y agitaient. Nous avons admis comme probable * l'opinion traditionnelle d'après laquelle l'apôtre Jean, survivant à la plupart des disciples de Jésus, échappé successivement aux orages de Rome et de la Judée, vint se réfugier à Ephèse, et y vécut jusqu'à un âge avancé, entouré du respect de toutes les Eglises d'Asie. Irénée affirmant, sans doute d'après Polycarpe, que le vieil apôtre vécut jusqu'au règne de Trajan *, nous paraît même devoir être écouté \ Si ces faits
\ . L* Antéchrist, p. 531 et suiv.
2. Irénée, Adv, hœr.. If, xxii, 5; III, m, 4. Cf. Origène, InGen., 0pp., II, p. 24; Eusèbe, llist. eccL, III, 23; Chron,, p. 162-463, Schœne ; Chron. pose, p. 251-252; Épiph., hœr. XXX, 24; saint Jérôiiie, In Gai., vi, 10; De viris xll ., 9.
3. Jean pouvait avoir dix ou douze ans de moins que Jésus. Il
sont véritables, ils durent avoir de graves conséquences. Le souvenfr du supplice que Jean avait failli subir à Rome le faisait de son vivant classer parmi les martyrs * et assimiler sous ce rapport à Jacques, son frère *. En rapprochant les paroles où Jésus avait annoncé que la génération de ceux qui Técoutaient ne passerait pas, sans qu'il reparût dans les nues ', du grand âge où était parvenu le seul apôtre de Jésus qui vécût encore, on arriva logiquement à cette idée que ce disciple-là ne mourrait pas, c'est-à-dire verrait l'inauguration du royaume de Dieu sans avoir préalablement traversé la mort. Jean racontait ou laissait croire que Jésus ressuscité avait eu à cet égard une conversation énigmatique avec Pierre *. De là résultait pour Jean, de son vivant même, une sorte d'auréole merveilleuse. La légende commençait pour lui bien avant le tombeau.
Le vieil apôtre, en ces dernières années voilées
aurait donc eu qualre-vingt-six ou quatre-vingl-huit ans lors de ravéoemeot de Trajan.
4. Le titre de confesseur équivalait alors à celui de martyr. ^égésippe, dans Eusèbe, //. E,, lU, xx, 8.
2. Voir r Antéchrist, p. 209, 562-563. Cf. Marc, x,39; Matlh., XX, 23; Âpoc., I, 9. Le passage de Marc a dû être écrit avant la mort de Jean.