‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 299 sur 353 · Épiph., haer. XIX, 4, 2, 5; xxx, 2; un · texte numérisé non relu

Épiph., haer. XIX, 4, 2, 5; xxx, 2; un

400 ORIGINES DO CHRISTIANISME. [Ao 10^

Pérée, Moab, Tlturée, le pays des Nabatéens, les bords de la mer Morte, vers l'Amon, étaient remplis de ces sectaires. Plus tard, on les appela samséens, expression dont le sens est obscur*. Au iv* siècle, le fanatisme de la secte était tel, que des gens se faisaient tuer pour la famille d'Elkasai. Sa famille, en effet, existait encore et continuait son charlatanisme grossier. Deux femmes, Marthous et Marthana, qui prétendaient descendre de lui, étaient presque adorées ; la poussière de leurs pieds, leur crachat passaient pour des reliques *. En Arabie, les elkasaîtes, comme les ébionites et les judéo-chrétiens en général, vécurent jusqu'à l'islam et se confondirent avec lui ^ La théorie de Mahomet sur Jésus s'écarte à peine de celle d'Elkasaï. L'idée de la kibla,

4. Selon l'explication la plus probable, ce serait un équivalent

de Ospairtu-nic

2. Saint Ëpiphane, hœr. xix, 2 ; un, 4 ; anacephaeosis, tomus i lib. If, n^ 7; epitome, Dindorf, p. 352. Jean Damascène copie VanacephalœosiSj môme in xal ^tûpo. Il se peut qu'Ëpiphane se trompe en plaçant ces femmes au iv« siècle. Celse, en effet (Orig., Adv. Cels*^ 1. V, 62, Opp.^ I, p. 656), parle de deux femmes sectaires, Marthe et Mariamne, qui peuvent bien être Mop^oû; et Mxp- 6àva. Sur la forme MapôcGç, voir Miss, de Phén., p. 384.

3. On atti'ibue à Elkasaï ou EIxaï un prétendu frère léxaî, d'où peut venir le nom de ttaaaîoi, porté par lesesséens. Epiph., hagr. XXIX 4, 4, 5, 7. Rien de plus confus que les données d'Ëpiphane sur ces Jesséens. Tantôt il les rattache à Jessé^ tantôt au nom de JésuSj tantôt aux essdens. Cf. saint Nil, Moruut, exerc, c. m.

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OU direction pour la prière, vient peut-être des sectaires transjordaniques \

On ne peut assez insister sur ce point que, avant le grand schisme des Eglises grecques et iatines, également orthodoxes et catholiques, il y eut un autre schisme oriental, un schisme syrien, si Ton peut s'expliquer ainsi, qui mît hors du christianisme, ou pour mieux dire laissa sur ses confins tout un monde de sectes judéo-chrétiennes et ébionites, nullement catholiques (esséens, osscens, samséens, jesséens, elkasaïtes), au sein desquelles Mahomet apprit le christianisme et dont l'islam fut la revanche *. Une preuve, en quelque sorte vivante encore, de ce grand fait est le nom de nazaréens que les musulmans ont toujours donné aux chrétiens. Une autre preuve que le christianisme de Mahomet fut l'ébionisme ou le nazaréisme est ce docétisme obstiné qui a fait proclamer aux musulmans de tous

4 . Voir ci-dessus, p. 52-53. Dans l'idée des Arabes, ce qui constitue une religion, c'est une kihla et un kUâb, une direction pour prier et un livre. L'expression y^jiAll wwJ = Vlpon n>a, pour désigner Jérusalem, peut se rattacher aux mêmes sectes . Hierosolynmm adorant quasi domus sU Dei (Irénée, I, xxm, 2). Comp. Modjir eddln, Hist. de Jér., p. 227 (édit. du Caire).

2. Masoudi, Prairies d'or, I, p. 430. Cf. Spren ger, Z)a« Leben und die Lehre des Mohammad, I, 48-43, 93-101, 403; II, p. 384 etsuiv.; G. Rœsch, dans TAeo/. Sludien und Kriliken, 1876, 3* fascic, p. 409 et suiv. (Gotha).

4C2 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 103]

les temps que Jésus n'a pas été crucifié en personne, qu'une ombre seule souffrit à sa place \ On croirait entendre Cérinthe ou quelqu'un de ces gnostiques si énergiquement combattus par Irénée *.

Le nom syriaque de ces diverses sectes de baptistes était sa6un^ équivalent exact de « baptiseurs ». C'est l'origine du nom des sabiensj qui sert encore aujourd'hui à désigner lesmendaïles', nazaréens* ou chrétiens de saint Jean, qui continuent leur pauvre existence dans le district marécageux de Wasith et de Howeyza, non loin du confluent du Tigre et de ^Euphrate^ Au vu* siècle, Mahomet les traite avec une considération particulière *. Au x* siècle, les polygraphes arabes les appellent eUmogiasila, « ceux qui

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