Pline, EpUL,X,U
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pour objet l'annexion à Terapire de l'Arménie, de FOsrhoène, delà Mygdonie, des pays qui, en effet, à partir des campagnes de Lucius Verus et de Septime Sévère, appartinrent à l'empire, eût été raisonnable. Mais Trajan ne se rendit pas un compte suffisant de rétat de l'Orient. Il ne vit pas qu'au delà de la Syrie, de l'Arménie, du nord de la Mésopotamie, dont il est facile de faire un boulevard à la civilisation occidentale, s'étend le vieil Orient, pénétré de nomades, contenant à côté des villes des populations indociles, qui rendent l'ordre à la façon européenne impossible à établir. Cet Orient-là n'a jamais été vaincu par la civilisation d'une manière durable ; la Grèce même n'y régna que d'une façon passagère. Tailler des provinces romaines dans ce monde totalement différent par le climat, les races, la manière de vivre de ce que Rome avait assimilé jusque-là, était une chimère. L'empire, qui avait besoin de toutes ses forces contre la poussée germanique sur le Rhin et le Danube, allait se préparer sur le Tigre une lutte non moins difficile ; car, en supposant que le Tigre fut réellement devenu dans tout son cours un fleuve frontière, Rome n'aurait pas eu derrière ce grand fossé l'appui des solides populations gauloises et germaniques de l'Occident. Pour n'avoir pas bien compris cela, Trajan ftt une faute qu'on no
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peut comparer qu'à celle de Napoléon I" en 1812. Son expédition contre les Parthes fut l'analogue de la campagne de Russie. Admirablement combinée, Texpédition débuta par une série de victoires, puis dégénéra en une lutte contre la nature et se termina par une retraite qui jeta un voile sombre sur la Hn du règne le plus brillant.
Trajan quitta l'Italie, qu'il ne devait plus revoir, au mois d'octobre 113 ^ Il passa les mois d'hiver à Ântioche, et, au printemps de 11/i, commença la campagne d'Arménie. Le résultat fut prodigieux : en septembre, l'Arménie était réduite en province romaine ; les limites de l'empire atteignaient le Caucase et la mer Caspienne. Trajan se reposa l'hiver suivant à Antioche.
Les résultats de l'an 115 ne furent pas moins extraordinaires. La Mésopotamie du Nord, avec ses petites principautés plus ou moins indépendantes, fut vaincue ou assujettie ; le Tigre fut atteint. Léo juifs étaient nombreux en ces parages '. La dynastie, des Izates et des Monobazes, toujours vassale de^
4. Pour la chronologie de ces événements, voir Volkmar, Jf, dilh, p. 40 etsuiv., 436 et suiv. ; Dierauer, dans BUdinger, Untersuch. zur rœtn. Kaisergesch. ^ I , p. 4 52 et suiv. ; Noël Desvergers, Comptes rendus de l'Acad. des inscr,, 4866, p. 84 et suiv.
2. Jos., AnL, XVIII, i\, 4. Comp. Talm. de Jcr., Jebamoth, I, 6; Talm. de Bab., Jebamoth, 46 a.
S02 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 115]
Parihes, était maîtresse de Nisibe *. Nul doute qu elle n'ait cette fois, comme en 70, combattu les Romains. Mais il fallut plier. Trajan passa encore Thiver suivant à Antioche, où, le 13 décembre, il faillit périr dans l'effroyable tremblement de terre qui abîma la ville, et auquel il n'échappa qu'à grand'peine *.
L'année 116 vit des miracles ; on se crut au temps d'Alexandre. Trajan conquit l'Adiabène, au delà du Tigre, malgré une vive résistance, due sans doute en grande partie à l'élément juif '. C'est là qu'il eût fallu s'arrêter. Poussant à bout sa fortune, Trajan entra au cœur de l'empire parthe. La stratégie des Parihes, comme celle des Russes en 1813, consista li n'offrir d'abord aucune résistance. Trajan marclia sans obstacle jusqu'à Babylone, prit Ctésiphon, la