‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 331 sur 353 · Dion Cassius, LXVIII, 32; liusèbe, //. E.j IV, 2; Eu · texte numérisé non relu

Dion Cassius, LXVIII, 32; liusèbe, //. E.j IV, 2; Eu

50* ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 116]

horreurs sans nom se passaient en CyrénaTque. La fureur juive atteignait des excès qu'on n'avait pas vus jusque-là. La tête partait de nouveau à ce pauvre peuple. Soit que Ton eût déjà en Afrique le pressentiment des retoursjde fortune qui allaient atteindre Trajan, soit que ces juiveries de Cyrène, les plus fanatiques de toutes S se fussent imaginé, sur la foi de quelque prophète, que le jour de colère contre les païens était arrivé, et qu'il était temps de préluder aux exterminations messianiques, tous les juifs se mirent en branle, comme pris d'un accès démoniaque ^ C'était

Chron., années 47«, ^S• et 49' de Trajan, 4" et 4* (ou 5«) d'Adrien; Orose, VII, 42; Spartien, i4(/r»en^ 5; Appien, Bell, civ., II, 90, et fragment des Arabica découvert par M. Miller, Revue arch., 4869, p. 401-110; Ann, de VAssoc. des études grecques, 1869, p. 124 et suiv.; Fragm, hisL grœc, V, 1'* part., add., p. Lxv; passages talmudiques sur le poUmos schel Quitus et le iom Traianos ci-après, p.5l4, et Talm. de Jér., Sukka, v, 1 ; Barhebraeus, Chron. arabe, p. 120, texte arabe; Chron. syr., p. 56, texle syr. Eusèbe [Hist. eccL, IV, ii, 1, 2; Chron., à l'année 17, 18 et 19 de Trajan) étend la guerre sur les années 415, 416, 117 (voir Tédit. de Schœne). Mais Dion Cassius et Paul Orose ne mènent pas à cette idée. Les circonstances du récit d'Appien (fragment Miller) excluent la saison de Tinondation; elles semblent se rapporter à la fin de 116 ou au commencement de 117.

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(Eusèbe) ; incredibili molu sut uno tempore, quasi rabie efferali (Orose).

[Ad 110] LES ÉVANGILES. 905

moins une révolte qu'un massacre, avec des détails d'effroyable férocité. Ayant à leur tête un certain Lucova\ qui avait chez les siens le titre de roi, ces enragés se mirent à égorger les Grecs et les RomainSy mangeant la chair de ceux quMls avaient égorgés, se faisant des ceintures avec leurs boyaux, se frottant de leur sang, les écorchant et se couvrant de leur peau. On vit des forcenés scier des malheureux de haut en bas par le milieu du corps. D'autres fois, les insurgés livraient les païens aux bêtes, en souvenir de ce qu'ils avaient eux-mêmes souffert, et les forçaient h s'entre-tuer comme des gladiateurs. On évalue à deux cent vingt mille le nombre des Cyrénéens égorgés de la sorte. C'était presque toute la population ; la province devint un désert. Pour la repeupler, Adrien fut obligé d'y amener des colons d'ailleurs'; mais le pays ne reprit jamais l'état florissant qu'il avait dû aux Grecs.

De la Cyrénaïque, l'épidémie des massacres gagna l'Egypte et Chypre. Chypre vit des atrocités. Sous la conduite d'un certain Artémion, les fanatiques détruisirent la ville de Salamine et exterminèrent

i: Dans Dion Cassius, il s*appelle Andréas, sans doute par faute de copiste.

î. Orose, /. c. Cf. Eus., Chron., an 4 ou 5 d'Adr.; Eckhel, Vi, p. 497, Libyœ resUUitoH»

bOù ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An lltij

la population entière. On évalua le nombre des Chypriotes égorgés à deux cent quarante mille *. Le ressentiment de ces cruautés fut tel, que les Chypriotes prononcèrent l'exclusion des juifs de leur île à perpétuité ; même le juif jeté sur les côtes par force majeure était mis à mort.

En Egypte, Tinsurrection juive prit les proportions d'une véritable guerre*. Les révoltés eurent d'abord l'avantage. Lupus, le préfet de l'Egypte, dut reculer. L'alerte fut vive à Alexandrie. Les Juifs, pour se fortifier, détruisirent le temple de Némésis, élevé par César à Pompée'. La population grecque parvint cependant, non sans lutte, à reprendre le dessus. Tous les Grecs de la basse Egypte se réfugièrent avec Lupus dans la ville et en firent comme un grand camp retranché. Il était temps. Les Cyrénéens, conduits par Lucova, arrivaient pour se joindre à leurs frères d'Alexandrie et pour former avec eux une seule armée. Privés de Tappui de leurs coreligionnaires alexandrins, tous tués ou prisonniers, mais grossis par des bandes venues des autres parties do

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