Pirké Abolh, \u, U
3. Graelz, Gesch. derJuden,Y\\\!k%^ 2« édit.; E\vald,(;cdTA. des Volkes Israël,\i\j p. 349, note4 ; Derenbourg, PalesLj p.4l8, notol .
lAnin] LES ÉVANGILES. 517
Un monument des mornes tristesses de ce temps parait être l'Apocalypse de Baruch *. L'ouvrage est une imitation de l'Apocalypse d'Esdras', et se divise comme cette dernière en sept visions. Baruch,
4 . Baruch avait été déjà exploité antérieurement par les auteurs d'apocryphes. On avait composé sous son nom un livre qui, plus heureux que l'Apocalypse, a pris place à la suite de Jérémie, dans les Bibles grecques et latines. L'ouvrage dont nous parlons en ce moment n'a été conservé qu'en syriaque. Ceriani, Monumenta sacra et profana, U I, fasc. ii (Milan, 4866), t. V, fasc. ii (4874); Fritzsche, Lihri apocryphi Vet, Test. (Leipzig, 4874), p. 654- 699. Diverses particularités ($$ 76, 77) porteraient à croire que le livre, tel que la version syriaque nous l'a conservé, n'est pas complet.
t. Les rapprochements entre les deux écrits se remarquent à chaque page, presque à chaque ligne. Ce qui prouve que pseudo- Baruch est l'imitateur, c'est que les idées les plus particulières de pseudo-Esdras sont chez lui censées connues et n'ont pas besoin d^ètre expliquées. Notez surtout ce qui concerne lespromp^uarta^ le petit nombre des élus et la prière pour les morts. En quelques lignes, pseudo-Baruch (voir surtout § 85) résume des pages de pseudo-Esdras. La doctrine du péché originel, si exagérée chez pseudo-Esdras, semble corrigée (§ 54). La phrase JuvefUus seculi prœieriil ($ 85, vers. 40) est mieux amenée dans pseudo-Esdras. Il n^'est pas sans exemple que, quand un apocryphe imite un autre apocryphe, le texte le plus court soit celui de l'imitateur (comp. Baruch, I, 45 — ii, 47, à Daniel, iv, 4-49). Le fait que l'ouvrage a été adopté par les chrétiens empêche d'en rabaisser la composition au-dessous de la guerre juive sous Trajan; car, à partir d'Adrien, aucun manifeste juif ne fut plus adopté par les chrétiens. Le § 22 prouve d'ailleurs que le livre est postérieur au siège de l'an 70 et antérieur à la construction d'iElia Capitolina. On ne peut rien conclure des $$ 26-28.
!IS ORIGINES DC CHRISTIANISME. [An 117]
secrétaire de Jérémie, reçoit de Dieu Tordre de rester à Jérusalem pour assister au châtiment de la ville coupable. Il maudit le sort qui Ta fait naître pour être témoin des outrages infligés à sa mère. Il supplie Dieu d'épargner Israël. Sans cela, qui le louera, qui expliquera sa loi? Le monde est-il donc destiné à revenir à son silence primitif? Et quelle joie poulies païens qui s'en iront dans les pays de leurs idoles se glorifier devant eux des défaites qu'ils ont infligées au vrai Dieu * !
L'interlocuteur divin répond que la Jérusalem qui va être détruite n'est pas la Jérusalem éternelle, préparée dès les temps paradisiaques, qui fut montrée à Adam avant son péché, et qui fut entrevue par Abraham et Moïse. Ce ne sont pas les païens qui détruisent la ville; c'est la colère de Dieu qui va l'anéantir. Un ange descend du ciel, enlève du temple tous les objets sacrés et les confie à la terre. Les anges alors démolissent la ville *. Sur les ruines, Baruch entonne un chant de deuil. Il s'indigne que la nature continue son cours, que la terre sourie et ne soit pas brûlée par un étemel soleil de midi.
Laboureurs, cessez de semer, et toi, terre, cesse de
4. SouveDlr du triomphe de VespasicD et de Titus. I. Gomp. § 80.
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l>orter des moissons; vigne, que sert désormais de prodiguer ton vin, puisque Sion n'est plus? Fiancés, renoncez à vos droits; vierges, ne vous parez plus de couronnes*; femmes, cessez de prier pour devenir mères. C'est désormais aux stériles à se réjouir et aux mères à pleurer^; car pourquoi enfanter dans la douleur ce qu'il faudra ensevelir avec larmes? Désormais ne parlez plus de charme, ne discourez plus sur la beauté. Prêtres, prenez les clefs du sanctuaire, jetez-les vers le ciel, rendez-les au Seigneur, et dites-lui : « Garde maintenant ta maison. » Et vous, vierges, qui Glez le lin et la soie avec Tor d'Ophir, hâtezvous, prenez tout cela et jetez-le au feu, pour que la flamme rapporte ces choses à celui qui les a faites et que nos ennemis n'en jouissent pas. Terre, aie des oreilles; poussière, prends un cœur pour annoncer dans le scheol, et dire aux morts : « Que vous ôtes heureux en comparaison de nous autres ' I »
Pseudo-Baruch, pas mieux que pseudo-Esdras, ne peat se rendre compte de la conduite de Dieu envers son peuple. Certes, le tour des gentils viendra. Si Dieu a donné à son peuple des leçons si sévères, que sera-ce de ceux qui ont tourné tous ses bienfaits contre lui? Mais comment expliquer le sort de tant de justes qui ont scrupuleusement observé la Loi et ont