‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 349 sur 353 · LES FRÈRES ET LES COUSINS DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LES FRÈRES ET LES COUSINS DE JÉSUS

L'inexactitude des renseignements fournis par les Évangiles sur les circonstances matérielles de la vie de Jésus, rincertitude des traditions du i*' siècle, recueillies par Hégésippe, les fréquentes homonymies qui répandent tani d'embarras sur Thistoire des juifs à toutes les époques, rendent presque insolubles les questions relatives à la famille de Jésus K Si Ton s'en tenait au passage des Évangiles synoptiques, Matth., xm, 55, 56; Marc, vi, 3, Jésus aurait eu quatre frères et plusieurs sœurs'. Ses quatre frères se seraient appelés Jacques, Joseph ou José, Simon et Jude.

i. VUde Jésus, p. 25-27, 13* édit. et suiv.

2. Marc, qui ne connaît pas la virginité de Marie, est en cela conséqnent. Pseudo-Matthieu, qui admet cette virginité (ch. i), ne remarque pas la contradiction quMl y a entre ce qu*il copie dans Marc,'aucb. xiii, et ce qu'il ajoute, au cb. i. Luc, toujours plus logique que ses devanciers, omet répisode embarrassant de Naxareth, et en tout cas prévient les objections par son icpa»Tdtoxo< (ii, 7).

Deux de ces noms figurent, en effet, dans toute la tradition apostolique et ecclésiastique, comme ceux de « frères du Seigneur ». Le personnage de u Jacques, frère du Seigneur », est, après celui de saint Pau), le plus clairement dessiné de la première génération chrétienne. L'épitre de saint Paul aux Galates, les Actes des Apôtres, léssuscriptions des épitres authentiques ou non attribuées à Jacques et à Jude, Phistorien Josèphe, la légende ébionite de Pierre, le vieil historien judéo-chrétien Hégésippe, sont d'aocord pour faire de lui le chef dé l'Église judéo-chrétienne. Le plus authentique de ces témoignages, le passage de Tépltre aux Galates (i, 19), lui donne nettement le titre d*ct^eXfo;

Un Jude paraît aussi avoir des droits très-réels à ce titre. Le Jude dont nous possédons une épttre ^ se donne le titre d'â^eX<poç 'loouaSou. Un personnage du nom de Jacques, assez considérable pour qu'on se désignât et qu'on se donnât de l'autorité en s' appelant son frère, ne peut guère être que le célèbre Jacques de Pépître aux Galates, des Actes, de Josèphe, d'Hégésippe, des écrits pseudoclémentins. Si ce Jacques était u frère du Seigneur», Jude, auteur vrai ou supposé de l' épttre qui fait partie du canon, était donc aussi frère du Seigneur, Hégésippe Pentendait certainement ainsi. Ce Jude, dont les petitsfils (ulcovoQ furent recherchés et présentés à Domitien comme les derniers représentants de la race de David, était pour Pantique historien de PÉglise le frère de Jésus selon la

1. Les raisonnements que nous faisons en ce moment sont aussi forts dans le cas où les épitres de Jacques et de Jude seraient apocryphes que dans le cas où elles seraient authentiques.

chaire Quelques raisons portent même à supposer que ce Jude fut chef de TÉglise de Jérusalem, à son tour'. Voilà donc un second personnage qui rentre bien dans la série des quatre noms donnés par les Évangiles synoptiques comme ceux des frères de Jésus.

Simon et José ne sont pas connus d'ailleurs comme frères du Seigneur. Mais il n'y aurait rien de singulier à ce que deux membres de la famille fussent restés obscurs. Ce qu'il y a de beaucoup plus surprenant, c'est qu'en réunissant d'autres renseignements, fournis par les Évangiles, par Hégésippe, par les plus vieilles traditions de l'Église de Jérusalem, on forme une famille de cousins-germains de Jésus, portant presque les noms mêmes qui sont donnés par Matthieu (xiii, 55) et par Marc (vi, 3) comme ceux des frères de Jésus.

Entre les femmes, en effet, que les synoptiques placent au pied de la croix de Jésus et qui afûrmèrent la résurrection, se trouve une « Marie, mère de Jacques le mineur (i piucpôç) et de Joséi (Matth., xxvu, 56; Marc, xv, &0,47; xvï, 1; Luc» XXIV, 10). Cette Marie est certainement la même que celle que le quatrième Évangile (xix, 25) place aussi au pied de la croix, qu'il appelle Mapia -/i tou K^cdiroc (ce qui signifie sans doute «Marie, femme de dopas' »), et dont il fait une sœur de la mère de Jésus. La difficulté qui se trouve à ce que les deux sœurs se soient appelées du même nom n'arrête guère le quatrième évangéliste» qui ne donne pas une seule fois à la mère de Jésus le

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