‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 87 sur 353 · Jos., Ani., XX, VII · texte numérisé non relu

Jos., Ani., XX, VII

o. Voir les Apôtres, p. 254, 6. Minucius Félix, 33 (texte douleux, v. TédiLde Halm);

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rôles contradictoires, & la fois obséquieux pour les bourreaux de soa pays, vantard quand il s'agissait de souvenirs nationaux. Sa vie domestique, jusque-là fort peu assise, prenait enGn de la règle. Après sa défection, il avait eu le tort d'accepter de Vespasien une jeune captive de Césarée, qui le quitta dès qu'elle put. Alexandrie, il prit une autre femme, de laquelle il eut trois enfants, dont deux moururent jeunes, et qu'il répudia vers 7/i, pour incompatibilité de caractère, dit-il. Il épousa alors une juive de Crète, à laquelle il trouva enfin toutes les perfections, et qui lui donna deux enfants ^ . Son judaïsme avait toujours été large, et le devenait de plus en plus ; il était bien aise de faire croire que, même à l'époque du plus grand fanatisme galiléen, il avait été un libéral, empêchant de circoncire les gens de force et proclamant que chacun doit adorer Dieu selon le culte qu'il a choisi. Cette idée, que chacun choisit son culte % inouïe à Rome', gagnait du terrain et servait puissamment à la propagande des

in Mallh.j tom. x, 4Î, ôpp., IH, p- 463; Cohoriaiio ad Grœcos, faussement altribuée à saint Justin, 9; Pbotius, cod. lxxvi. 4. Jos., Vita, h, 75, 76.

àXkk fXTi puTà ^oc. Vila, 23«

3. Sua cuique civitati religio est , noslra nobis. Cic, Pro Flacco, S3.

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cultes fondés sur une idée rationnelle de la divinité. Josèphe avait une instruction hellénique superficielle sans doute, mais dont il savait tirer parti en homme habile ; il lisait les historiens grecs ; cette lecture provoquait son émulation ; il voyait la possibilité d'écrire de cette manière l'histoire des dernières catastrophes de sa patrie. Trop peu artiste pour sentir la témérité de son entreprise, il se jeta en avant, comme il arrive parfois aux juifs qui font leurs débuts littéraires dans une langue étrangère pour eux, en homme qui ne doute de rien. Il n'avait pas encore l'habitude d'écrire le grec, et ce fut en syro-chaldaîque qu'il fit la première rédaction de son ouvrage ; puis il en donna l'édition grecque qui est venue jusqu*à nous. Malgré ses protestations, Josèphe n'est pas Fhomme de la vérité. Il a le défaut juif, le défaut le plus opposé à la saine manière d'écrire Thisloire, une personnalité extrême. Mille préoccupalions le dominent : d'abord le besoin de plaire à ses nouveaux maîtres, Titus, Hérode Agrippa; puis le désir de se faire valoir et de montrer à ceux de ses compatriotes qui lui faisaient mauvais visage qu'il n'avait agi que par les plus pures inspirations du patriotisme * ; puis un sentiment honnête à beaucoup

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d'égards, qui le porte à présenter le caractère de sa nation sous le jour le moins compromettant aux yeux iies Romains. La révolte, prétend-il, a été le fait d'une minorité de forcenés; le judaïsme est une doctrine pure, élevée en philosophie, inoffensive en politique ; les juifs modérés, loin de faire cause commune avec les sectaires, ont été leurs premières victimes. Comment seraient-ils les ennemis irréconciliables des Romains, eux qui demandent aide et protection aux Romains contre les révolutionnaires? Ces vues systématiques faussent à chaque page la prétendue impartialité de rhistorien*.

L'ouvrage fut soumis (Josèphe du moins veut que nous le croyions) à la censure d' Agrippa et de Titus, qui, à ce qu'il paraît, l'approuvèrent. Titus serait allé plus loin : il aurait signé de sa main l'exemplaire qui devait servir de type, pour montrer que c'était d'après ce volume qu'il entendait qu'on racontât l'histoire du siège de Jérusalem *. On sent là l'exagération. Ce qui apparaît avec évidence, c'est l'existence autour de Titus d'une coterie juive qui le flattait, voulait lui persuader que, bien loin d'avoir été le destructeur cruel du judaïsme, il avait voulu sauver le temple , que le judaïsme

4. V. l'Antéchrist, ch. x, xii, xviii, xix. 2. Jos., Vitaj 65. Cf. Contre Apiariy I. 9.

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s'était tué lui-même, et qu'en tout cas un décret supérieur de la Divinité, dont Titus n'avait été que l'instrument, planait sur tout cela. Titus se plaisait évidemment à entendre soutenir cette thèse. Il oubliait volontiers ses cruautés et l'arrêt qu'il avait, selon toute apparence, prononcé contre le temple, quand ses vaincus eux-mêmes venaient lui suggérer de telles apologies. Titus avait un grand fond d'humanité; il affectait une modération extrême^; il fut sans doute bien aise que cette version se répandit dans le monde juif; mais il était bien aise aussi quand, dans le monde romain, on racontait la chose d'une tout autre manière et qu'on le représentait sur les murs de Jérusalem comme un vainqueur altier, ne respirant que l'incendie et la mort*.

Le sentiment de sympathie que tout cela suppose chez Titus pour les juifs devait aussi s'étendre aux chrétiens. Le judaïsme tel que l'entendait Josèphe se rapprochait par plusieurs côtés du christianisme, surtout du christianisme de saint Paul. Gomme Josèphe, la plupart des chrétiens avaient condamné l'insurrection, maudit les zélotes; ils professaient hautement la soumission aux Romains. Comme Josèphe, ils tenaient la partie rituelle de

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