Apoc., XVI
138 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 78]
de l'Église romaine est inconnue. Pierre, s'il a été à Rome (comme nous le croyons) , y occupa une place exceptionnelle, et n'eut sûrement pas de successeur proprement dit. Ce n'est que cent ans après, quand l'épiscopat fut régulièrement constitué, qu'on tint à présenter une liste suivie d'évêques de Rome, successeurs de Pierre*. On n'avait de souvenirs précis qu'à partir de Xyste, mort vers 125. L'intervalle entre Xyste et saint Pierre fut rempli avec des noms depre*byteri romains, qui avaient laissé quelque réputation *.
4. Hégésippe dressa sa ^la^oxiisous Anicet, vers 460; elle est perdue; mais il est probable qu'elle ne différait pas de la liste qaî fut classique en Orient; autrement Eusèbe l'aurait dit. Irénée dressa la sienne sous Ëleuthère, vers 180. Eusèbe, saint Épiphaoe et les Pères vraiment instruits suivent la liste d'Irénée (III, ni, 3) : a Linus, Anenclet, Clément, Évaresle, Alexandre, Xyst<», etc. • C'est par erreur qu'on a quelquefois transposé Anenclet entre Clément et Évareste. Comme, d'un autre côté, le nom d'Â>i')(xX«T&; s'altéra de bonne heure en KXyîto; [Epiph., ha?r. xxvii, 6), on fui amené à prendre Ciel et Anaclel pour deui personnages, Tun prédécesseur, l'autre successeur de Clément, ce que contredit Caïus, dans Eusèbe, //. £., Y, xxviii, 3. Quant à l'opinion, répandue surtout chez les Latins, d'après laquelle Clément aurait été consacré par saint Pierre [ConsliL Apost, Vil, 46; Tertullien Prœscr., 32; cf. saint Jérôme, De virisilL, 45), elle fut une conséquence des liens que la littérature pseudo-clémentine établit entre Clément et le chef des apôtres. La liste authentique d'Irénée exclut absolument ce système. Les chiffres marquant la durée des pontificats ont été introduits postérieurement. V. Lipsius, CAronologie der rômischen Bischofe, Kiel, 1869.