Voyez Dialogue des orateurs, c. î
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et la monarchie héréditaire. Toute monarchie aspire à être héréditaiws, non-seulement par suite de ce que les démocrates appellent égoïsme de famille, mais parce que la monarchie n*a pour les peuples tous ses avantages qu'avec l'hérédité. L'hérédité, d'un autre cdté, est impossible sans le principe germanique de la fidélité. Tous les empereurs romains visèrent à l'hérédité; mais l'hérédité ne put jamais aller au delà de la deuxième génération, et elle n'amena guère que des conséquences funestes. Le monde ne respira que quand, par suite de circonstances particulières, l'adoption (le système le mieux accommodé au césarisme) remporta; ce ne fut là qu'un hasard heureux ; Marc- Aurèle eut un fils et perdit tout.
Vespasien était uniquement préoccupé de cette question capitale '. Titus, son atné, âgé de trenteneuf ans, n'avait pas d'enfant mâle. Domitien, à vingtsept ans, n'avait pas non plus de fils. L'ambition de Domitien aurait dû se satisfaire de telles espérances. Titus le déclarait hautement son successeur et se contentait de désirer qu'il épousât sa fille Julia Sabina*. Mais la nature s'était livrée dans cette famille, sous tant de rapports favorisée, à un jeu atroce. Domi-
\. Suétone, Vesp., 25; Dion Cassius, LXVI, 42. t. Suétone, Domii,^ tt.
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tien était un scélérat auprès duquel Galigula et Néroo. pouvaient sembler des facétieux. Il ne cachait pas sa prétention de déposséder son père et son frère* Vespasien et Mucien avaient mille peines à Tempe— cher de gâter tout.
Comme il arrive aux bonnes natures, Vespasiea gagnait chaque jour en vieillissant. Même sa plat* santerie, qui était souvent, faute d'éducation, d*un genre grossier, devenait juste et fine. On vint lui dire qu'une comète s'était montrée au ciel : « C'est le roi des Parthes, répondit-il que cela concerne ; il porte de longs cheveux.» Puis, son état s'aggravant : « Je crois que je deviens dieu », fit-il en souriant. Il s'occupa d'affaires jusqu'à la fin; et, se sentant défaillir : « Un empereur doit mourir debout *, dit-il. II expira en effet entre les bras de ceux qui le soutenaient * ; grand exemple de ferme tenue et de virile attitude au milieu de temps troublés et qui paraissaient presque désespérés ! Les juifs seuls gardèrent son souvenir comme celui d'un monstre, qui avait fait gémir la terre entière sous le poids de sa tyrannie*. Il y eut sans doute quelque légende' rabbinique sur sa mort ; il mourut dans son lit, avouait*