Spartien, Adr
[An 132J L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 191
laient pour la troisième fois aux armes ^ L'accès de folie furieuse de Tan 117 semblait recommencer. Israël répugnait plus vivement que jamais à la police romaine. Tout malfaiteur en révolte contre l'autorité était un saint, tout brigand devenait un patriote. Arrêter les voleurs paraissait une trahison : « Vinaigre, fils de vin, dit un rabbin à un juif qui avait pour fonction de rechercher les malfaiteurs, pourquoi dénonces-tu le peuple de Dieu? » Élie rencontre ce bon gendarme et lui conseille également d'abandonner au plus tôt son odieux métier*.
Il semble que de son côté l'autorité romaine eut
1. Dion Cassius, LXIX, 42-14; Spartien, Adr., 4 4; saint Justin, i4/>oZ. 1, 31 ; DiaL, 1; TertuUien Contra Jud.,\ti\ Eusèbe, H, E.j IV, 6 (d'après Arislon de Pella ; comp. Moïse de Khorène, 11^ 60); Chron,, p. 466-469, Schœne (Syncelle, parall.); saint Jérôme, In Dan.jix, 27; In Zach.^ vui,xi ; In Joël, i; In Jerem,, XXXI ; In Ezech., v, xxiv; In Is., ii, vi ; Apol, in Ruf., III, 34 ; De vins ilL, 24 ; Jean Chrys., In Jud,, oral, v, 44 ; Chron. d'Alexandrie, à Fan 4 4 9 ; Orose, VII, 4 3 ; Chronicon samarilanum, ' on Liber Josué (édit. JuynboII), c. 47; Mischna, Taanith, iv, 6, 7, 8; Aboda zara, i, 8; Talm. de Jér., Taanith, iv, 8, fol. 68 d^ 69 a; Talm. de Bab., Gittin, 57 a, b; Taanith, 29 a; Sanhédrin, 97 b; Midrasch Eka, ii, 4,2; Tanhouma, 67 c; Sëder olam, c. 30. Sur la date, voyez Marqnardt, Rœm, Staatsverwalt,, I, p. 262; Eckhel, VI, 482; Saulcy, Numism. de la Palest,, p. 83. Inscr. dans Renier, Inscr. rom, de l'Alg., n® 2320.
2. Talm. de Jér., Maaséroth, m, 8; Talm. de Bab., Baba metsia, 84 a. Cf. Derenbourg, dans les Mélanges de l'Ec. des hautes ^^Me/e^^ 4878, p. 468etsniv.
192 ORIGINES DD CHRISTIANISME. [An 132]
plus d'un tort. L'administration d^Adrien devenait chaque jour moins tolérante envers les sectes orientales, dont l'empereur se moquait. Plusieurs légistes pensaient que la circoncision était, comme la castration ^ un sévice punissable*. Elle fut interdite^. Les cas ou ceux qui avaient pratiqué l'épispasme étaient forcés par les fanatiques à se faire drconcire de nouveau * pouvaient surtout donner lieu à des poursuites. Jusqu'à quel point la justice impériale s'avanca-t-elle dans cette voie fâcheuse et contraire à la liberté de conscience ? Nous l'ignorons. Adrien n'était certes pas l'homme des excès. Dans la tradition juive, tout l'odieux de ces mesures pèse sur Tineius Rufus % qui était alors légat propré-
1. Suétone, Dom.,7; Dion Cassius, LXVII, 2 ; Eusèbe, Chron,, an 2 deDom.; Martial, IX, 7 et 9 ; Philostrate, ApolL, VI, 42; Ammien Marcellin, XVIII, 4; Saint Justin, ApoL /, 29.
2. Les Romains s'y montrèrent toujours très-contraires en Orient. Bardésane, dans Cureton, Spic, syr,, p. 30.
3. Vetahanlur mulilare genilalia, Spartien, Adr., 14. Cf. Spart., Sev,, \7. Ce qui porte à prendre ce passage à la lettre et comme impliquant une loi formelle, c'est qu'Antonin permit' aux Juifs de circoncire leurs fils ; Circumcidere Judœis filiossuos tantum rescripto Divi Pu permittitur (xModestin, De sicariis, Dig., XLVIII, VIII, 11). Cela suppose une loi antérieure qui défendait de circoncire qui que ce fût.
4. Talm. de Jér., Schahhalh, xix, 2; Bereschith rabba, xli, fin; Talm. de Bab., Jehamolh, 72 a.