Voir surtout les Actes des Conciles do Tolède
228 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 134]
le christianisme sur l'usure et le commerce. Le juif devint alors, et fut pendant une grande partie du moyen âge, un personnage nécessaire, sans lequel le monde ne pouvait accomplir les transactions les plus simples. Le libéralisme moderne devait seul mettre un terme à cette situation exceptionnelle. Le décret de l'Assemblée constituante de 17911es refit membres d'une nation et citoyens.
Dans ce monde brûlé par une sorte de feu volcanique intérieur, il y avait des oasis. Quelques survivants du sadducéisme, traités d'apostats par leurs coreligionnaires, gardaient au milieu de ces rêves nciystiques la saine philosophie de l'Ecclésiaste * . Les juifs des provinces soumises aux Arsacides vivaient assez heureux et observaient la Loi sans trouble. On peut placer dans ces provinces, par exemple en Adiabène, la composition d'un livre charmant, dont la date est incertaine* et qui ne fut traduit en grec
4 . C'étaient, paraît-il, ceux qu'on appelait masbothéens (voir les Évang,, p. 450, surtout le passage des Const,)^ si ce nom dérive, comme on peut le croire, de Jérém., m, 6, 8, 41, et signifie a l'Apostasie dlsraël » .
2. Voir l'appendice ii à la 6n du volume. Les premières traces du vre de Tobie se trouvent dans l'épîlre attribuée à Polycarpe, ch. x; dans l'homélie connue sous le noiia de 2'"® Épîlre de Clément Romain, ch. xvi (comp. Tobie, xii, 8-9); dans^ Clément d'Alexandrie, Slrom., I, xxi, p. U2; II, xxiii, p. 181, et dans le Midrasch rabba sur Genèse, xxviii, 22 (iii« siècle).
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que vers la fin du if siècle. C'était un petit roman plein de fraîcheur, comme les juifs excellaient à en faire, l'idylle par excellence de la piété juive et des joies du foyer *•
Un certain Tobia*, fils de Tobiel, originaire du pays de Gadès de Nephtali % est amené captif à Ninive par Salmanasar*. Dès son enfance, il avait été
4. Nul doute que le livre de Tobie n'ait été composé en hébreu. Des particularités de la traduction grecque le prouvent : par exeniïple, iv, 14, confusion sur nnaa ; ix, 6, contre-sens sur riK; surtout iv, 47, 13ps pour 31p3. Cet original est perdu; mais on en possède une traduction grecque (celle qui fait partie de la Bible orthodoxe), laquelle parait serrer de près Toriginal. Les autres textes, chaldaïques, grecs, latins, syriaques, hébreux (modernes) sont des remaniements ou des imitations.V. Frilzsche, Libri apocr, Vet, Test., p. xvi et suiv.,408 et suiv.; Neubauer, the Book of Tohit, Oxford, 4878. Nos citations se rapportent au texte orthodoxe, le seul qui représente Toriginal. Le texte chaldéen découvert par M. Neubauer suit les fautes de la traduction grecque. Ainsi, ch. i, il admet la ville de Thishé,yo\t l'appendice II, à la fin de ce volume.
2. TwSîT semble une faute du traducteur (n pris pour n), faute commise avec intention peut-être, afin que le père et le fils n'eussent pas le môme nom.
3. Les textes grecs portent Ku^tuç ou Ku^iuv. Je lis Ku^iauv. Yoir Jos., Ant,, IX, xi, 4 (cf. B, J., IV, ii, 3). Le rapprochement de Aaupa = Àaoïnp, de Tob., i, 2, se trouve dans Josèphe, l, c. et dans II Rois, xv, 29. — Éx eîo^vi; est une mauvaise traduction de