Mission de Phénicie, 1. c
5. Les calamités que souffrirent les Juifs sous Septime Sévère ne vinrent pas d'une révolte de leur part, mais de mesures qui s'étendirent à toute la Syrie. Spartien, Septime Sévère, 14, 15, 16, 17; Saint Jérôme, Chron,, an 5 de Caracalla; Orose, VII, 17; Talm, de Bab., Sota, vers la fin; Mission de Phénicie, p. 776. La
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observation de la Loi. Le prosélytisme disparaît désormais à peu près du sein du peuple qui l'avait le plus ardemment pratiqué. Une loi d'Antonin mit fm^aux mesures restrictives d'Adrien et permit aux juifs de circoncire leurs enfants; mais le jurisconsulte Modestin faisait remarquer que cette permission s'appliquait à leurs enfants seuls, et laissait sous le coup de la peine capitale celui qui pratiquerait cette opération sur un non-juif ^ Seuls quelques frénétiques, les sicaires, continuaient leurs guets-apens religieux et mettaient les malheureux qu'ils avaient pu surprendre en demeure de choisir entre la circoncision et le poignard ^ La masse resta étrangère à ces aberrations. Elle renonça à l'héroïsme, et se rendit le martyre inutile par ces habiles distinctions entre les préceptes que l'on peut transgresser afin de sauver sa vie et ceux pour lesquels il faut souffrir la mort. De là. un singulier spectacle : le judaïsme.
révolte de 389 se rapporte à une tout autre situation historique. Théophane, p. 33; Cedrenus, p. 299, Paris.
1. Digeste, de Sicariis, XLVIII, viii, 14 : « Circumcidere Judœis filios suos tantum rescripto Divi Pii permittitur; in non ejusdem religionis qui iioc fecerit, castrantis pœoa irrogatur. » Comparez, dans le passage d'Origène précité, 'looîaict; piovctç. Voir aussi Sparlien, Sept, Séi>,, 47; Lampride, Alex, Sév., 22.
2. PhUosophamena, IX, 26; Origène, Contre Celse,ll^ 43; ad Afric.j 44; Digeste, passage cité.
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qui avait été la source du martyre dans le monde, en laisse désormais le monopole aux chrétiens*, si bien qu'on vit même, dans certaines persécutions, des chrétiens se faire passer pour juifs afm de jouir des immunités du judaïsme*. Le judaïsme n'eut de martyrs que pendant qu'il fut révolutionnaire; dès qu'il renonça à la politique, il se calma tout à fait, et se contenta de cette tolérance, confinant à l'indépendance, qu'on lui accordait ^ Le christianisme, au contraire, qui ne s'occupa jamais de politique, compta des martyrs jusqu'au moment où il devint triomphant et persécuteur à son tour.
Ce que fit le peuple juif durant ce long repos, ce fut le Talmud. Les anciens docteurs avaient enseigné la Loi sans aucun ordre logique, uniquement selon les cas qui se présentaient. Puis on avait suivi, dans l'enseignement, l'ordre des livres du Pentateuque \ Avec Rabbi Aquiba, une distribution nouvelle s'in-
4. Justin, DiaLj 39. Cf. Celse, dans Origène, Contre Celse, V, 25-44 .