Bereschith rabba, ch
3. Bereschith rabba,c.8;Talm.de Jér.,BeraA:o/^^ix,4,fol.4 2(/. VoirTalm. de Baib.^Sanhédrinj 38 6, en comp. Justin, DiaL, 25, 64.
[An 135] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 265
que Jésus avait accompli tous les textes des prophètes et des psaumes que l'on croyait s'appliquer au Messie. Rien n'égale l'arbitraire avec lequel l'application messianique se faisait. L'exégèse des chrétiens était la même que celle du Talmud et des Midraschim ; c'était la négation même du sens historique. Les textes étaient découpés comme une matière morte. Chaque phrase, séparée de son contexte, était appliquée sans scrupule à la préoccupation dominante du moment. Déjà les évangélistes de seconde main, surtout le faux Matthieu, avaient cherché des raisons prophétiques à tous les faits de la vie de Jésus*. On alla bien plus loin. Non-seulement les exégètes chrétiens torturèrent la version des Septante pour en tirer ce qui allait à leur thèse, et chargèrent d'injures les nouveaux traducteurs, qui affaiblissaient les arguments qu'on obtenait de ce côté*; mais ils. faussèrent quelques passages. On introduisit le bois de la croix dans le psaume xcvi (verset 10), où il n'avait jamais figuré ^, la descente aux enfers dans Jéré-
4. Voir, par exemple, Matth., ii, 23; iv, 4 4. Comparez, en général, les tva i:XYip«6^ de Matthieu et le Dialogue avec Tryphon de saint Justin.
2. Surtout en ce qui concerne le passage d'Isaïe, vn, 44, et érém., XI, 49.
3. Saint Justin, ZHW., 73; Tertullien, Adv. Jud„ 40; Adv. Marc, ni, 49. Saint Cyprien, Arnobe, Lactance, saint Ambroise,
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mie s et, quand les juifs se récriaient, protestant qu'on ne trouvait rien de semblable dans leur texte, on leur disait qu'ils avaient mutilé leur texte par méchanceté pure et mauvaise foi% que, par exemple, ils avaient retranché du livre d'Isaïe le récit où ce prophète est scié avec une scie de bois, parce que ce passage rappelait trop bien le crime qu'ils avaient commis contre Jésus \ Rien ne coûte à une apologétique convaincue et passionnée. On fit appel à des registres officiels du recensement de Quirinius, qui n'avaient jamais existé*, h un prétendu rapport de Pilate à Tibère, qu'on avait fabriqué ^
La forme du dialogue parut commode pour le but qu'on se proposait dans ces controverses. Un
saint Augustin, saint Léon, saint Grégoire le Grand insistent sur cet argument.
i. Justin, DiaLjlt. V. V Antéchrist, p. 58, note 4,
t. Justin, Dial., 67, 7i, 72, 73, 120.
3. Justin, Dial.^ 120. Cf. Hebr., xi, 37. Cette tradition apocryphe se trouve dans Tertullien, De pat,, 14; Scorp., 8; Commodien, Carm. apoL, v. 508; Asc. d'Is., v, 4 et suiv., xr, 41 ; Origène, Hom, i in Is., 5 ; Comm. in Matth,, t. X, -18; In Matth, comm, séries^ 28; Episl. ad A fric, 9 ; baraïetha, dans Talm. de Bab., Jebamoth, 49 b (dire de Ben-Azaï, qui dit Favoir lu dans un livre de iouhasin); Sanhédrin, 103 6; Talm. de Jér., Sanhédrin, X, 2 (fol. 28 c).