‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 194 sur 373 · Lucien, Epistolœ saturnales, en entier · texte numérisé non relu

Lucien, Epistolœ saturnales, en entier

[An 138] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 297

la force de l'ordre établi les empêchaient de devenir un mal public.

La similitude de ces aspirations avec celles du christianisme était frappante. Mais une différence profonde séparait les deux écoles et devait les rendre ennemies. Vax son espérance d'une prochaine fin du monde, par les vœux mal dissimulés qu'il formait pour la ruine de la société antique, le christianisme était, au sein de l'empire bienfaisant des Antonins, un démolisseur qu'il fallait combattre. Toujours pessimiste, intarissable en lugubres prophétiesS le chrétien, loin de servir au progrès rationnel, s'en montrait dédaigneux. Les docteurs catholiques regardaient presque tous la guerre entre l'empire et l'Église comme nécessaire, comme le dernier acte de la, lutte de Dieu et de Satan; ils affirmaient hardiment que la persécution durerait jusqu'à la fin des temps*. L'idée d'un empire chrétien, bien qu'elle se présente quelquefois à leur esprit', leur semble une contradiction et une impossibilité * .

4. Oracles sibyllins, à chaque page. «Christiani, Samaritae et quibus prœsentia semper cum enormi liberlate displiceant. » Vopiscus, Saturnin, 7. Voir aussi le Philopatris, en se rappelant que ce petit écrit est postérieur au temps où nous sommes.

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