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Justin, ApoL II

2. Cela se vit déjà, lors de la proscription des bacchanales. Tite-Live, XXXIX, 8. Voir la façon dont Lucien présente le culte d'Abonotique, Alex,, 39 et suiv. Les calomnies dont le culte juif était l'objet au moyen âge, et qui, dans certains pays, n'ont pas encore disparu, se rattachent au môme ordre d'idées.

306 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An i3S]

même à l'anthropophagie \ On est tenté d'y voir une camorre organisée contre les lois. La délation avait, d'ailleurs, dans le droit antique, malgré les efforts des bons empereurs, une importance qu'heureusement elle n'a plus *. De là un type de libelles en quelque sorte rédigés* d'avance % et auxquels aucun chrétien n'échappait.

Tout était faux assurément dans ces rumeurs populaires ; des faits mal compris semblaient pourtant y donner du corps. ^Certaines enquêtes avaient tourné au détriment des inculpés. Les apologistes ne le nient pas; le respect de la chose jugée les arrête* ; mais ils rejettent le mal sur les sectes dissidentes, et ils demandent qu'on n'étende pas à tous le délit de quelques-uns. Les réunions nocturnes,

\, Juvénal, xv, 11 et suiv.

2. Rescrits de Trajan et d*Adrien ; Justin, ApoL Ij7; Méliton, dans Eus., H. E., IV, xxvi, 5.

3. Justin, ^joo^. /, 26; ApoL II, \% 13^ 14; Dial., 10, 17, 108; Athénagore, 3; Minucius Félix, 9 (d*après Fronton), 10, 30, 31 (d'après Fronton); Tertullien, ApoL, 2, 4,7, 8, 39; Ad nationes, I, 7, 1 6 ; Ad uxorem, II, 4 ; Lettre des Égl. de Lyon et devienne, dans Eus., H, E., V, i, 14, 26, 52; Apulée, Métarnorph,, 1. IX, p. 620-621, Ruhnkenius.

4. Justin, ApoL /, 7. Comparez le passage de Basilide sur le martyre, où il soutient que ceux qui souffrent 5n y(j^i<maso\ ?re(puxoTe;, auraient presque toujours mérité de souffrir ô; o fxoixoç ri 0 <poveuç (dans Clém, d'Alex,, Strom., IV, 12).

les s»gnes de reconnaissance, certains symboles bizarres, tout ce qui tenait au mystère de l'eucharistie, les phrases sacramentelles sur la chair et le sang du Christ excitaient le soupçon. Ce pain que la femme chrétienne goûtait en cachette avant chaque repas devait paraître un philtre. Une foule de pratiques semblaient des indices du crime de magie, lequel était puni de mort *• L'habitude des fidèles de s'appeler entre eux frères et sœurs*, et surtout le baiser sacré % le baiser de paix qui se donnait, sans distinction de sexe, au moment le plus solennel de l'assemblée, devaient provoquer les plus fâcheuses interprétations dans l'esprit d'un public incapable de comprendre cet âge d'or de pureté. L'idée de conciliabules où toutes les privautés, toutes les promiscuités étaient permises, sortait naturellement de pareils faits, dénaturés par la malveillance et le sarcasme*. L'accusation d'athéisme était encore plus redoutable ^ Elle entraînait la peine de mort comme le

^, Minucius Félix, 8, 9; Tertullien, Ad uxor.j II, 4. Voir Le

Blant, Sur Vacciùsation de magie {Mém. de la Soc, des anU, t. XXXI).

2. Minucius Félix, 9; Athénagore, Leg,, 32. Les cyniques avaient la môme habitude. Arrien, Diss. E " "^xii, 81 .

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