Cf. Kohéleth rabba, ch. i
384 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 150]
la dispute s'organise est d'ordinaire celui où déjà chacun est endurci dans son sentiment. Les transfuges avaient été nombreux, tant que le christianisme avait été une colonie mal définie, à peine séparée du judaïsme. Quand il est une place complète, munie de ses fortifications, en face de sa métropole, on ne passe plus d'un côté à l'autre. Le juif, comme le musulman, sera le plus inconvertissable des êtres, le plus antichrétien.
Justin vécut encore des années, disputant toujours * contre les juifs, contre les hérétiques, contre les païens, écrivant des ouvrages de polémique sans fin *. Un acte de sévérité juridique de Q. LoUius Urbicus, préfet de Rome, lui remettra encore la plume d'avocat ecclésiastique à la main, dans les dernières années du règne d'Antonin. Comme presque tous les apologistes, il ne fut pas membre de la hiérarchie. Cette situation sans responsabilité convenait mieux à des volontaires de la foi, et au besoin permettait à l'Eglise de les désavouer. Justin fut toujours cher aux catholiques. Son éloignement