‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 283 sur 373 · Lucien, Alex · texte numérisé non relu

Lucien, Alex

430 ORIGIiNES DU CHRISTIANISME. [An 153]

notiquites, du temps d'Antonîn et de Marc-Aurèle, portent une figure de serpent avec une tête d'homme chevelue et barbue ; au-dessous, le mot rATKûN. Les monnaies de la même ville, au type de Lucîus Verus, portent le serpent et le nom de lûNonoAEiTON *. Sous Marc-Aurèle, nous verrons cette religion ridicule prendre une importance incroyable. Elle dura jusqu'à la deuxième moitié du m® siècle ^

NeruUinus, à Troas, réussit dans une entreprise frauduleuse du même genre ^ Sa statue rendait des oracles, guérissait les malades; on lui offrait des sacrifices, on la couronnait de fleurs. C^était surtout les idées absurdes sur la médecine, la croyance aux songes médicaux, aux oracles d'Esculape, etc.*, qui maintenaient les esprits dans cet état de super-

1. Bibl. Nat., cabinet des médailles; Spon, Rech. cur. d'ant., p. 525 et suiv.; Spanheim, De prœst. num. vel. (I, p. 243 et suiv., 721, Londres, 4706); Eckhel, II, p. 383-384; Mionnet, t. II, p.387- 388; SuppL.i. IV, p. 550-551.

2. Le cabinet des médailles de la Bibl. Nat. possède des monnaies d'Ionopolis, portant le Glycon jusqu'au règne de Trebouianus Gallus (254-253) [Chabouillet].

3. Athénagore, Leg., 26. L^identification de ce personnage avec Suillius NeruUinus, consul l'an 50, et proconsul d'Asie vers 70 (Waddington, p. 441-442; Orelli, 3389, 6445), est très-peu probable. Le nom se retrouve dans Renier, Inscr. rom. de l'Algérie, n" 2449.

4. Baronius, à l'an 439, § 4; Corpus inscr, gr., n^ 5980 (cl. 5974 et suiv.). Gomp. Tatien, i4rfv. Gr.j 48.

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stition. On est confondu de voir Galien lui-même donner dans de pareilles folies ^ Plus incroyable encore est la carrière de cet ^Elius Aristide, sophiste religieux, dévot païen, sorte d'évêque ou de saint, poussant le matérialisme pieux et la crédulité jusqu'aux dernières limites ; ce qui ne l'empêcha pas d'être un des hommes les plus admirés et les plus honorés de son siècle ^ . Seuls, les épicuriens repoussaient nettement ces sottises. Il y avait encore quelques gens d'esprit, comme Celse % Lucien % Démonax % pour en rire. Bientôt il n'y en aura plus, et la crédulité régnera en maîtresse sur un monde abaissé. Le nom d'athée était un danger, mettait celui à qui on l'attribuait hors la loi, l'exposait même au supplice ^ ; or on était

1. Il croit à Esculape et aux songes {De morb. diff,, 9; De dignotione ex somn.j 0pp., VI, 833, Kuhn). Marc-Aurèle n*a non plus là-dessus aucun doute. Pensées j I, 17 ; IX, 27.

2. Voir Tédition de ses œuvres par Dindorf, III, p. cxvi, etc.; Waddington, Mém.sur sa vie, dans les Mém. de VAcad. desinscr. et belles-lettres, t. XXVI, i'" partie, p. 203 et suivantes.

3. LuciQn, Alex., i, 47, 20, 21, 61; Origène, Contre Celse, I, 8,68; II, 43, 60; III, 22, 35, 49, 80; IV, 36, 75; V, 3. Ailleurs (VIII, 45), Celse admet le surnaturel officiel. Ce point sera étudié dans notre livre VII.

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