Saint Hippolyte, dans Chron. d'Alex. , p. 6, Paris
44& ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 154}
telle manière de voir se trouva fort ébranlée. D'abord, une nouvelle tradition se répandait, d'après laquelle Jésus, avant de mourir, n'avait pas mangé la Pâque, mais était mort le jour même de la Pâque juive*, se substituant ainsi à l'agneau pascal. En outre, cette fête purement juive* blessait la conscience chrétienne, sur- . tout dans les Églises de Paul. La grande fête des chrétiens, c'était la résurrection de Jésus, arrivée, en tout cas, le dimanche après la Pâque juive. D'après cette idée, on célébrait la fête le dimanche qui suivait le vendredi venant après le ili de nisan.
A Rome, cette pratique prévalait, au moins depuis les pontificats de Xyste et de Télesphore (vers 120) *• En Asie, on était fort partagé. Les conservateurs comme Polycarpe, Méliton et toute l'ancienne école, tenaient pour la vieille pratique juive, conforme aux premiers Evangiles et à l'usage des apôtres Jean et Philippe*. Il arrivait ainsi qu'on ne priait [pas,