Sur ces deux titres, voir Saint Pml, p
4. Comparez les Actes de saint Pione, §§ 3, 4. Cf. Justin, Apol. /, 31, 36; DiaL, 16, 95, 110, 133.
[An 155] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 459
besogne, selon leur habitude, un zèle tout particulier.
Pendant qu'on préparait le bûcher, Polycarpe ôta sa ceinture, se dépouilla de tous ses vêtements, essaya aussi de se déchausser. Il ne le fit pas sans quelque embarras; car, en temps ordinaire, les fidèles qui l'entouraient avaient coutume de s'empresser pour lui éviter cette peine, tant ils étaient jaloux du privilège de le toucher. On le plaça au milieu de l'appareil qui servait à fixer le patient et on allait l'y clouer * : « Laissez-moi ainsi, dit-il ; celui qui me donne la force de supporter le feu m'accordera aussi la force de rester immobile sur le bûèher, sans qu'il soit besoin pour cela de vos clous. » On ne le cloua pas, on le lia seulement. Ainsi, les mains attachées derrière le dos, il semblait une victime, et les chrétiens qui l'apercevaient de loin voyaient en lui un bélier choisi dans tout le troupeau pour être offert à Dieu en holocauste. Pendant ce temps, il priait et remerciait Dieu de l'avoir admis au nombre de ses martyrs.
Les flammes cependant commencèrent à s'élever*. L'exaltation des fidèles témoins de ce spectacle était à son comble. Comme ils étaient loin du bûcher, ils purent se faire les plus singulières illusions. Le feu leur sembla s'arrondir en voûte au-dessus du