Irénée, V, ch. xxxui
la capitale religîeifâa de ee pays. Four vîères et Ainaî sont les deux points sacrfe de nos origines chrétiennes. Fourvières, à l'époque des anaaJe& ecclésiastiques où nous sommes arrivés, est encore une ville totite païcime ; quant à Ainai (Athanacum) , il est permis de supposer que les souvenirs chrétiens ont quelque raison de s'y rattacher. Ce faobotirg, situé dans les îles du coûfluent, en aval de la cité romaine et gauloises devait être une basse ville où abordaient les Orientaux et où probablement ils faisaient quelque séjour avant de se placer *. Là fut sans doute le premier quartier chrétien, et la très-ancienne église qui s'y voit est peut-être l'édifice de France que l'ami des souvenirs antiques doit visiter avec le plus de respect. Le caractère lyonnais se dessinait dès lors avec tous les traits qui k distinguent, le besoin de surnaturel, la chaleur de l'âme» le goût de l'irrationnel, la fausseté du jugement, l'ardente imagination, la mysticité profonde et sensuelle. Chez cette race passionnée, les hauts instincts moraux dérivent non de la
4. Les principales question^ do la topographie chrétienne de Lyon seront disculées dans notre liTve TU;
5. £q générai, àajas. les grandes villes, lea points d'arrivée déterminent jusqu'à un certain point le groupement des étrangers. Ainsi, à Paris, les environs de la gare de TOuest renferment beaucoup de Bretons ; les environs de la gare de l'Est beaucoup d'Alsaciens.
476 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 158]
raison, mais du cœur même et des entrailles. Les origines de l'école lyonnaise en art et en littérature sont déjà tout entières dans cette admirable lettre sur le drame effroyable de 177. C'est beau, bizarre, touchant, maladif ; il s'y mêle une légère aberration des sens, quelque chose du tremblement nerveux des saints de Pépuze*. Les rapports d'Épagathus avec le Paraclet sentent déjà la ville du spiritisme*, la ville où, vers la fin du dernier siècle, Cagliostro eut un temple ^ Les anesthésies de Blandine*, ses conversations intimes avec Christ, pendant que le taureau la lance en Tair *, l'hallucination des martyrs, croyant voir Jésus dans leur sœur, au bout de l'arène, attachée nue à un poteau ^, — toute cette légende qui, d'un côté, vous transporte au delà du stoïcisme, et ou, de l'autre côté, on touche à la catalepsie et aux expériences de la Salpétrière, semble un sujet fait