Voir ci-dessus, p. 228, note
b60 L'ÉGLISE CHRÉTIENNE.
a été composé en Osrhoène ou en Adiabëne peu d'années avant les grandes catastrophes de Judée, on conçoit que les Juifs engagés dans la lutte n'en aient pas eu connaissance. Le livre n'étant pas encore traduit en grec, la plupart des chrétiens ne pouvaient le lire. Symmaque ou Théodotion se seront peut-être trouvés en possession de Toriginal et Tauront traduit. Alors aura commencé la fortune du livre chez les chrétiens.
Un élément capital de la question, qui n'a pas été employé jusqu'ici par les exégètes, ce sont les rapports qu'une critique sagace a découverts entre le récit juif et cette littérature de contes qui a fait le tour du monde, sans distinction de langue ni de race ^ Étudié de ce point de vue, le livre de Tobie se montre à nous comme la version hébrsuque et pieuse d'un conte que Pon retrouve en Arménie, en Russie, chez les Tatars et les Tziganes, et qui est probablement d'origine babylonienne. Un voyageur trouve sur son chemin le cadavre d'un homme à qui la sépulture a été refusée, parce qu'il avait laissé des dettes. Il s'arrête pour l'enterrer. Bientôt après, un blanc compagnon s'offre pour faire route avec lui. Ce compagnon tire le voyageur des plus mauvais pas, lui procure des richesses, une femme charmante, qu'il arrache aux démons. Au moment de la séparation, le voyageur lui offre la moitié de tout ce qu'il a gagné grâce à lui *, sauf naturellement la femme. Le compagnon exige aussi la moitié de la femme :
1. M. Gaston Paris se propose de traiter bientôt cet important sujet, en résumant le'is travaux de MM. Simrock, Kœhler, Renfey, Sepp, auxquels il doit ajouter d'importantes données. Voir, en attendant, Kœhler, Germania, III, p. 199-209; Benfey, Pantchatantra, I, 219 et suiv.