VI PRÉFACE
ment connexes ; nous nous contenterons de rappeler ce qui en a été dit dans l'introduction de notre livre précédent^ L'âge approximatif du Pasteur d'Hermas ne fait plus de doute pour personne. Le récit de la mort de Polycarpe a les mêmes caractères d'authenticité que l'épître des fidèles de Lyon et de Vienne, dont nous parlerons dans notre dernier livre. Enfin le discernement des ouvrages authentiques et supposés de saint Justin ne réclame pas ces longs développements que les introductions des volumes précédents ont dû présenter ^
i . Les Évangiles, p. x et suiv.
2. Le présent volume était imprimé quand j'ai eu connaissance d'une publication des mékhitaristes de Venise (S, Aristidis, philosophi alheniensis, Sermones duo. S' Lazare, 4878), contenant en arménien, avec traduction latine, deux morceaux dont Tun serait T Apologie adressée par Aristide à Adrien (voir ci-après, p. 42). L'authenticité de cette pièce ne soutient pas Texamen. C'est une composition plate, qui répondrait bien mal à ce que Eusèbe et saiot Jérôme disent du talent de Tauteur et surtout à cette particularité que l'ouvrage était contexlum philosophorum senlentiis (Saint Jérôme, Epist. 83 ad Magnum, 0pp. IV, t^ part., col. 656, Mart.). L'écrit arménien ne présente pas une seule citation d'auteur profane. La théologie qu'on y trouve, en ce qui concerne la Trinité, l'incarnation, la qualité de Mère de Dieu attribuée à Marie, est postérieure au iv« siècle. L'érudition historique ou plutôt mythologique est aussi bien indigne d'un écrivain sérieux du ii« siècle. — Le second « sermon » publié par les mékhitaristes a encore moins de droits à être attribué au philosophe chrétien d'Athènes; le manuscrit porte Aristœics; c'est une homélie insignifiante sur le bon larron.
PRÉFACE. vn
On le voit, tous les signes nous annoncent que nous touchons à la fin de l'âge des origines. L'histoire ecclésiastique va commencer. L'intérêt n'est pas moindre; mais tout se passe en plein jour, et la critique désormais ne rencontrera plus devant elle ces obscurités dont on ne sort que par des hypothèses ou des divinations hardies. Hic cœsius artemqae repono. A partir d'Irénée et de Clément d'Alexandrie, nos anciens travaux d'histoire ecclésiastique du xvii"* siècle suffisent presque. Qu'on lise dans Fleury les deux cent vingt pages qui répondent à nos sept volumes, on sentira toute la difiérence. Le xvii® siècle ne tenait à savoir que ce qui est clair; or les origines sont toujours obscures; mais, pour un esprit philosophique, elles ont un intérêt sans égal. L'embryogénie est par son essence même la plus intéressante des sciences; car c'est par elle que l'on pénètre le secret de la nature, sa puissance plastique, ses vues finales et son Inépuisable fécondité.
L'ÊaiISE CHEÉTIENNE