‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 60 sur 373 · IIpwToxaôs^pia. Hermas, mand. xi · texte numérisé non relu

IIpwToxaôs^pia. Hermas, mand. xi

3. Marc, ix, 32 et sub.; x, Ix% et suiv.; Matth., xviii, 1 et suiv. ; Luc, xxn, 24 et suiv.

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Mais cela ne suffisait pas, et l'association chrétienne était menacée d'un grand péril, si une institution salutaire ne venait la sauver de ses propres abus.

Toute ecclesia suppose une petite hiérarchie, un bureau, comme l'on dit aujourd'hui, un président, des assesseurs et un petit personnel de serviteurs. Les clubs démocratiques ont soin que ces fonctions soient aussi limitées que possible quant au temps et aux attributions ; mais il résulte de là quelque chose de précaire, qui fait que jamais club n'a duré au delà des circonstances qui l'ont créé. Les synagogues ont eu beaucoup plus de continuité, bien que le personnel synagogal ne soit jamais arrivé à être un clergé. Cela tient à la situation subordonnée que le judaïsme a eue durant des siècles ; la pression du dehors combattait les effets délétères des divisions intérieures. Livrée à la même absence de direction,

l'Eglise chrétienne aurait sans doute manqué ses destinées. Si l'on eût continué à envisager les pouvoirs ecclésiastiques comme émanant de l'Eglise même*, celle-ci eût perdu tout son caractère hiératique et théocratique. Il était écrit, à l'inverse,

qu'un clergé accaparerait l'Eglise chrétienne, se sub-

1. Certaines paroles de Jésus (Matth., xviii, 47.20), semblaient impliquer une pareille idée. Mais il faut se rappeler que Matthieu seul met dans la bouche de Jésus le mot ecclesia.

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stituerait à elle. Portant la parole en son nom, se présentant en toute chose comme son unique fondé de pouvoir, ce clergé sera sa force, mais en même temps son ver rongeur, la pause principale de ses futurs écroulements^

L'histoire, je le répète, n'a pas d'exemple d'une transformation plus profonde. Il est arrivé dans l'Eglise chrétienne ce qui arriverait dans un club où les assistants abdiqueraient entre les mains du bureau, et où le bureau abdiquerait à son tour entre les mains du président, si bien qu'après cela les assistants ni même les anciens n'auraient nulle voix délibérative, nulle influence, nul contrôle sur le maniement des fonds, et que le président pourrait dire : « A moi seul, je suis le club. » Les presbyteri (anciens) ou episcopt (officiers, surveillants) devinrent très-vite les uniques représentants de l'Église , et , presque immédiatement après, une autre révolution plus importante encore s'opéra. Entre les presbyteri ou episcopi^ il y en eut un qui, par l'habitude de s'asseoir sur le premier siège, absorba les pouvoirs des autres et devint Vépiscopos ou le presbyléros par excellence. Le culte contribua "puissamment à établir celte qnité. L'acte eacharistique ne pouvait être célébré que par un seul, et donnait à celui qui le célébrait une extrême impor-

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tance*. Cet épiscopos, avec une rapidité dont on est surpris, devint le chef du presbytérat et par conséquent de TEglise entière^ Sa cathedra^ placée hors rang et ayant la forme d'up fauteuil, devint un siège d'honneur, le signe de la primauté ^ Chaque Église n'a plus dès lors qu'un presbytéros en chef, qui s'appelle à l'exclusion des autres épiscopos^. A côté de cet évêque, on voit des diacres, des veuves, un conseil d^presbyteri\' mais le grand pas est franchi ; l'évêque est seul successeur des apôtres ; le fidèle a totalement disparu \ L'autorité apostolique, censée transmise par l'imposition des mains % a étouffé l'autorité de la communauté \ Puis les évêques des différentes

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