II Tim., IV
102 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 127J
vie, ne demandant que deux choses, la nourriture et le vêtement S « l'homme de Dieu * » , comme l'appelle notre auteur, sera un maître austère, souvent un directeur impérieux *. « Ne reprends pas le vieillard, mais exhorte-le comme un père; exhorte les jeunes gens comme des frères, les femmes âgées comme des mères, les femmes jeunes comme des sœurs, en toute pureté*. » On sent dès lors que la société chrétienne ne sera pas une société libre. L'individu y sera surveillé, censuré ; il n'aura pas le droit de dire à son concitoyen : « Que vous importent ma conduite et ma croyance? Je ne vous fais aucun tort. » Le fidèle soutiendra qu'en croyant autrement que lui, on lui fait un tort et qu'il a le droit de protester. Conception tout à fait illibérale, et contre laquelle les princes, les laïques, se révolteront à bon droit. « Evite l'hérétique, après un premier et un second avertissements » Quoi de moins conforme aux maximes d'un homme bien élevé? L'hérétique a son opinion, comme vous avez la vôtre;