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les sacrements. Les prophètes hébreux et les écrits authentiques des apôtres étaient vite épuisés; il fallait du nouveau. Pour fournir aux besoins sans éesse renaissants de cette lecture, on accueillait avec empressement tout écrit édifiant, qui se présentait avec la plus légère apparence d'apostolicité ou avec un air de famille même fort éloigné avec les écrits des prophètes anciens.
Le christianisme avait ainsi accompli le premier devoir d'une religion, qui est d'introduire dans le monde un nouveau livre sacré. Une seconde Bible était ajoutée à l'ancienne, bien inférieure comme beauté classique, mais douée d'une plus grande efficacité pour convertir le monde. La vieille langue hébraïque, instrument aristocratique si merveilleux pour exprimer la poésie, les sentiments de l'âme, la passion, était morte depuis des siècles. Le patois moitié araméen de la Palestine, ce grec populaire que la conquête macédonienne introduisit en Orient, et que les traducteurs alexandrins de la Bible élevèrent à. la hauteur d'une langue sacrée, ne pouvaient servir d'organes h des <5hefs-d'œuvre littéraires; mais, à défaut de génie, la nouvelle Bible eut la bonté ; à défaut d'écrivains, elle eut des hommes pleins de Jésus, qui nous rendirent son esprit. Le Nouveau Testament a introduit dans le monde une idée nouvelle, celle de la beauté
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populaire. C'est, en tout cas, le livre qui a séché le plus de larmes, amélioré le plus de cœurs.
On ne peut parler d'une manière générale du style du Nouveau Testament, puisque les écrits du Nouveau Testament se partagent entre quatre ou cinq styles différents ^ Tous ces morceaux ont pourtant quelque chose de commun, et ce quelque chose est justement ce qui a fait leur force et leur succès. Ils sont écrits en grec et conçus en sémitique. Ces tours absolus, roides, sans nuances, — cette langue oii tout est blanc ou noir, soleil ou ténèbres, — qui, pour
dire : « J'aime mieux Jacob qu'Esaù », dit : « J'aime Jacob, je hais Ésaii », ont séduit le monde par leur âpre grandeur. Nos races n'étaient pas habituées à cette ampleur orientale, à ces énergiques partis pris, à ceiie façon de procéder tout d'une pièce et comme par bonds. Elles ont été conquises et comme écrasées ; aujourd'hui encore, ce style est la grande force du christianisme, ce qui fascine les âmes et les gagne à Jésus.
Le canon des livres de l'Ancien Testament admis
4 . Au point de vue du style, on peut faire cinq catégories dans les écrits du Nouveau Testament : 1° Marc, Matthieu, Apocalypse; 2° Luc et les Actes; 3° Epltres authentiques de Paul, éptire aux Hébreux, !'• de Pierre; 4° Jacques, Jude, IP de Pierre, épîtres à Tite et àlimothée; 5® FÉvangile et les épltres johanniques.
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des chrétiens était, naturellement, pour les ouvrages essentiels, le même que celui des juifs ^ Les chrétiens étrangers à l'hébreu lisaient ces anciens écrits dans la version alexandrine, dite des Septante, qu'ils révéraient presque à l'égal du texte hébreu. Quand la version grecque ajoute des développements au texte, ce qui lui arrive pour Esther et Daniel, ces additions étaient acceptées. Moins sévèrement gardé que le canon juif, lé canon chrétien admettait, en outre, ces livres, comme Judith, comme Tobie, comme Baruch, comme l'Apocalypse d'Esdras, comme l'Assomption de Moïse, comme Hénoch, comme le Psautier de Salomon % que les rabbins }uifs exclurent du volume sacré et même détruisirent systématiquement. En revanche, des livres comme Job, le Cantique, les Proverbes, et surtout l'EcclésiasteS à cause de leur caractère hardi ou tout à fait profane, étaient très-peu lus de gens qui voulaient avant tout être édifiés. Les divers livres des Macchabées furent