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Col., IV

112 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 63)

Ce voyage avait mis Pierre en rapport avec les Églises d'Asie et l'autorisait à leur adresser un enseignement doctrinal. Marc, selon son habitude, servit de secrétaire et d'interprète à Pierre pour la rédaction de répître. Il est douteux que Pierre sût parler ou écrire le grec et le latin ; sa langue était le syriaque *. Marc était à la fois en relation avec Pierre et avec Paul, et c'est là peut-être ce qui explique un fait singulier que présente l'Épître de Pierre, je veux parler des emprunts que fait l'auteur de cette épître aux écrits de saint PauP. Il est certain que Pierre ou son secrétaire (ou le faussaire qui a usurpé son nom) avait sous les yeux l'épître aux Romains et l'épître dite aux Éphésiens%

'1 . Eusèbe, Demonstr. evang.j III, 5 et 7.

2. On peut entendre I Pétri, v, 1â, comme si Silvanus avait servi de secrétaire pour la rédaction de l'épître. Si le Silvanus en question est identique au Silvanus ou Silas, compagnon de Paul, l'induction que nous croyons pouvoir tirer de la collaboration de Marc aurait encore plus de force en s'appliquant à lui.

3. Comp. I Pétri, i, 1 et suiv., à Eph., i, 4-7 ; I Pétri, i, 3, à Eph., I, 3; I Pétri, i, 14, à Eph., ii, 3, et Rom., xii, 2; I Pelri, i, 21, à Rom., IV, 24; I Pétri, ii, 5, à Rom., xii, \ ; I Pétri, ii, 6-10, à Rom., IX, 25, 32 et suiv.; I Pelri, ri, 11, à Rom., vu, 23; I Pétri, II, 13, à Rom., xiii, 1-4; I Pétri, i;:, 18, à Eph., vi, 5, I Pétri, m, 1, à Eph., v, 22 ; 1 Pétri, m, 9, à Rom., xii, 17

Pétri, m, 22, à Rom., viii, 34, et Eph., i, 20; I Pétri, iv, 1 , à Rom^ VI, 6; l Pétri, iv, 10 et suiv., à Rom., xii, 6 et s;Aiv.; I Pet

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lustement les deux épîtres « catholiques » de Paul, celles qui sont de vrais traités généraux, et qui étaient sniversellement répandues. L'Église de Rome pourait avoir un exemplaire de l'épître dite aux Éphésiens, écrit récent , sorte de formulaire général de la foi dernière de Paul, adressé en guise de circulaire à plusieurs Eglises; à plus forte raison possédait-elle l'Épître aux Romains. Les autres écrits de Paul, qui ont bien plus le caractère de lettres particulières, ne devaient pas se trouver à Rome. Quelques passages, moins caractérisés, de l'Épître de Pierre paraissent empruntés à Jacques*. Pierre, que nous avons toujours vu tenir dans les controverses apostoliques une position assez flottante, voulut-il, en faisant, si l'on peut s'exprimer ainsi, parler Jacques et Paul par la même bouche, montrer que les contradictions de ces deux apôtres n'étaient qu'apparentes? Gomme gage de conciliation « voulut-il se faire le démonstrateur d'idées pau- Hennes, mitigées, il est vrai, et privées de leur couronnement nécessaire, la justification par la foi? Il

V, 4, à Rom., VIII, 18; I Pétri, v, 5, à Eph., v, 21, etc. Cf. Saint Paul, p. XXII, note; lxxii, note 1 .

1. Comp. I Pétri, i, 6-7, à Jac, i, 2; I Pétri, i, 24, à Jac, i, 40 et suiv.; I Pétri, iv, 8, à Jac, v, 20; I Pétri, v, 5, 9, à Jac, nr, 6,7, 10.

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est plus probable que Pierre, peu habitué à écrire et ne se dissimulant pas sa stérilité littéraire, n'hésita pas à s'approprier des phrases pieuses qui se répétaient sans cesse autour de lui, et qui, bien que parties de systèmes différents, ne se contredisaient pas d'une manière formelle. Pierre semble, heureusement pour lui, être resté toute sa vie un théologien fort médiocre; la rigueur d'un système conséquent ne doit pas être cherchée dans son écrit.

La différence des points de vue oii se plaçaient habituellement Pierre et Paul se trahit, du reste, dès la première ligne de cet écrit : « Pierre, apôtre de Jésus-Christ, aux élus expatriés de la dispersion de Pont, de Galatie, etc. » De telles expressions sont toutes juives. La famille d'Israël, selon les idées palestiniennes, se composait de deux fractions : d'une part, ceux qui habitaient la terre sainte; de l'autre, ceux qui ne l'habitaient pas S compris sous le nom général de « la dispersion^ ». Or, pourj Pierre et pour Jacques % les chrétiens, même païens d'origine *, sont si bien une portion du peaph

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