‹ L'AntechristChapitre 124 sur 397 · Tacite, yi.m.^ XVI · texte numérisé non relu

Tacite, yi.m.^ XVI

140 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 64J

des plus grandes affaires. Revenu au vice ou à la fanfaronnade du vice, il fut admis dans la cour intime de Néron, et devint l'arbitre du bon goût en toute chose*; rien n'était galant, délicieux que Pétrone ne l'eût approuvé. L'affreux Tigellin, qui régnait par sa bassesse et sa méchanceté, craignit un rival qui le surpassait dans la science des voluptés; il réussit k le perdre. Pétrone se respectait trop pour lutter contre ce misérable. Il ne voulut point cependant tjuitter brusquement la vie. Après s'être ouvert les veines, il les fit refermer, puis se les ouvrit de nouveau, s'entretenant de bagatelles avec ses amis, les écoutant causer, non de l'immortalité de l'âme et des opinions des philosophes, mais de chansons et de poésies légères. Il choisit ce moment pour récompenser quelques-uns de ses esclaves, et en faire châtier d'autres. Il se mit à table et dormit. Ce Mérimée sceptique, au ton froid et exquis, nous laissé un roman ^ d'une verve, d'une finesse accoi plies, en même temps que d'une corruption raffiné( qui est le parfait miroir du temps de Néron. Apr^ tout, n'est pas roi de la mode qui veut. L'élégance d{ ia vie a sa maîtrise, au-dessous de la science et de la

Page 1